30/03/2006VIRE TON COCKRING, SI T’AS CHAUD / 3— ‘tain, heureusement qu’on a eu la réduc’ Queer’s Club, sinon j’le plantais là, c’vendeur de Prisu !
— Ouais, gravissime ! J’ai bien cru qu’il ôterait pas ses pattes de mon jean !
— Et moi qu’tu te laisserais faire jusqu’au bout…
— Arrête de m’prendre le chou. Non seulement, c’est un viok qu’a au moins 35 ans et tu sais bien qu’c’est pas mon type.
— Ouais, mais ton attitude chaudasse, pas vraiment top.
— Et la sienne hyper-relou. Y s’la pète un max dans la boutique, vu qu’son boss est aux Caraïbes. C’est rien qu’une pauv’ tache.
— ‘manière on s’en tape, et c’est le top, vu qu’on a nos Dropdead & Garbage avec 30% de réduc’. Y vont être verts Chez Boys ‘R Us !
— Bon, on va pas faire le réveillon d’ssus. On s’prend un energy drink au Pipe-Hole, j’connais Childéric, le barman… c’est un ex.
— Trop cool. Chuis vanné d’chez vanné. ‘tain, le shopping, ça tue sa race plus que le Gym-Naze-Club !
Glou-glou…
Glou-glou…
Burp !
(sorry)
— ‘tain, hier soir, j’ai maté La Nouvelle Star. Naze de chez naze, les starlettes !
— Sans déc ? J’ai maté aussi ! Ça craint un max, leurs songs.
— Et l’aut’ bimbo qui s’la jouait top-classe, alors qu’elle pouvait pas aligner trois notes sans faire un couac.
— C’est clair, on d’mande pas la fille d’la Callas, mais un minimum, quoi… Enfin… tu vois c’que j’veux dire, quoi…
— C’est qui la Callas ?
— J’hallucine ! Tu connais pas ? C’est l’top ! T’as pas entendu le remix de Carmen par DJ Rollmops sur la compil Operatic Bastringue ?
— Ben, naaan… En tout cas, suffit pas d’être canon… Pareil pour les mecs.
— C’est clair !
— T’imagines l’image qu’ils donnent de not’ génération ? Toujours à chialer leur race dès qu’le Manu Katché leur fait une remarque.
— Hyper-craignos, moi j’dis.
— ‘tain, y sait pourtant d’quoi y cause, quoi !
— Exact… j’veux dire, t’as les good vibes ou tu les as pas.
— C’est clair. Oh fuuuuuuuuuck ! Ça tache le soda mangue sans additif ?
— Chais pas… Mets un peu d’eau, naaan ?
— ‘tain, chuis dég’ de la life ! J’viens d’m’en renverser sur mon D & G tout neuf !
— Mort de rire ! T’avais pas b’soin d’le garder quand l’vendeur a dit qu’il te f’sait un cul d’enfer…
— C’est ça, marre-toi !… Hé, Childé ! T’aurais pas une carafe d’eau ?
— Si ça s’trouve, ça a même traversé… Bonjour le shorty CK blanc pur coton ! T’as plus qu’à l’fout’ à la poub’ en rentrant…
— Ta gueule ou j’t’inscris d’office à la prochaine Nouvelle Star !
;-)
29/03/2006VIRE TON COCKRING, SI T’AS CHAUD / 2— ‘tain, l’horreur !
— Qu’est-ce t’as encore à chouiner ta race ?
— Ricky Tartine a pris du bide, t’as pas vu les photos avec son mec sur la plage ?
— Naaan ! Sérieux ?
— J’te promets ! Même que l’rédac’chef de Tutu a crisé un max… il en était raide dingue et maint’nant, paraît qu’il a résilié sa Carte Gold au Gym-Naze-Club…
— ‘tain, grave…
— Le blème, c’est qu’il est en dev’nu mutique, genre comme s’il avait vu la Vierge…
— Et nous, tu crois qu’on va couvrir l’événement chez Boys’ R’ Us ?
— Je veux, ouais ! Même que Jason a déjà le titre de l’article !
— Sans déc’ ?
— Ouais… Un… Dos… Graisse !
— Waow ! Ça arrache !
— Mouais, et moi, faut que j’me tape un papier sur Ramonna !
— ‘tain, cette blondasse qui pourrait être not’ grand-mère !
— Mamie Ramonna, Reine du Disco Revival…
— En attendant, elle a la cuisse ferme et pas un poil de bide… elle doit bouffer bio.
— N’empêche, paraît que le look Ricky Tartine, c’est déjà tendance !
— ‘tain, j’ai plus qu’à annuler mon rencard pour m’faire liposucer, alors…
— Ben, j’croyais que Pipo, le magasinier porthos, y t’faisait ça gratos à la réserve…
— Liposucer, j’t’ai dit ! ‘tain, t’es grave !
— Qu’est-ce qu’y’a ? T’as tes ragnes ?
— Exact, c’est ta news qui m’rend vénère…
— Y’a d’quoi, remarque… Paraît même qu’y z’ont déjà reçu des faux bides en silicone chez Goulette ! Genre poignées d’amour amovibles, tu vois ? Sous les marques Funny Tummy et Bulgy Belly… Ça vient des States.
— Pour s’les faire greffer ?
— Naan, y’a une enveloppe de latex couleur chair, c’est réglable avec un scratch dans le dos. T’as même le choix du nombril…avec ou sans poils, dans plusieurs teintes.
— ‘tain, le délire !
— J’te dis, on est complèt’ment out avec nos bides de crevette.
— Et Pubienne Westgood ?
— Ben quoi ?
— Elle a loupé l’marché, c’te chiennasse ? Elle a pourtant cartonné avec ses faux-culs, naaan ?
— Elle l’a pas senti v’nir, j’crois. Pis, on peut pas être au four et au … boudin !
— M’fais pas rire, j’ai les muqueuses qui gercent… Bon, j’vais au distrib’… Tu veux un kawa ?
— Prends-moi plutôt un choc’… Et avec du vrai suc’, hein ? Pas d’Aspartam ! Pis aussi deux croissants beurre et pâte d’amandes.
— Ça marche… J’me prends aussi des doughnuts et des muffins…
— ‘tain, on va éclater…
— C’est clair, mais faut qu’on engraisse.
— ‘tain, qu’est-ce qui faut pas faire pour êt’ hype…
— Remarque, j’vais quand même me rencarder avec mon ex, qui bosse chez Goulette… il a la réduc’ employé.
— Bon plan… manquerait plus qu’on paye plein pot, en plus !
— En attendant, prévois-toi un double cheese frites-mayo pour le déj’…
— ‘tain, j’en ai déjà les molaires qui baignent…
;-)
28/03/2006VIRE TON COCKRING, SI T'AS CHAUD— Ouais, tu sais, les gens, tout ça…’tain, ça me saoule grave, quoi.
— ‘tain, moi pareil.
— Naaan, j’veux dire, ça me gave, quoi..
— Ouais, c’est clair.
— Naaan, tu vois, moi, par exemple, j’ai l’air cool et tout.
— Ouais, ouais…
— ‘fin, j’veux dire, j’fais la fête, tout ça… Y’a pas d’soucis, quoi.
— Ouais, c’est clair.
— M’enfin, euh… bon… euh, j’veux dire les gens, y s’imaginent pas la pression qu’on a dans la s’maine au magazine.
— Exact, y z’ont pas idée…
— Non, j’veux dire, ça fout les boules… pis, y font ièche, Kevin et Chloé avec leurs manifs anti-CPE, tout ça… Y m’ont pris la tête tout à l’heure au bar.
— Ouais, c’est clair. On voit qu’y bossent pas, quoi.
— Y s’imaginent pas c’que c’est qu’d’avoir cette grosse pouffe de rédac’ chef tout l’temps sur le portable… À minuit, l’aut’soir !
— Ouais… ‘tain, on les vole pas nos 3 000 reuss par mois.
— En plus, faut s’taper les vernissages, les avant-premières, tout ça…
— Arrête, tu vas m’filer la gerbe…
— Non, j’veux dire, faut qu’le mental y suive, quoi. Au fait, Rachel Boustifeld, elle t’a filé les invit’s pour les soldes V.I.P. de la collec’ Vintage de l’aut’ naze ?
— Tu parles de Manolo Rastaqueer ? Ben, naaan…
— ‘tain, j’hallucine, elle a encore oublié ! Tu vas voir l’article que j’vais lui torcher, à cette vieille tapiole sur le r’tour !
— Ça lui fera les pattes. S’il s’imagine qu’on va les payer plein pot, ses guenilles made in China !
— Y s’fout l’doigt dans l’œil jusqu’à la prostate !
— Vicelard comme il est, y d’manderait pas mieux…
— Tu m’étonnes… Bon, j’me rentre. T’as la Twingo ?
— Naaan, elle est au garage, j’ai appelé un tacot. D’toute façon, chuis remboursé par Boys’ R’ Us.
— Moi, j’ai le 4X4 de Rolf. Y m’le prête pendant qu’il est en shooting à Saint-Barth.
— Trop cool…
— Après tout, il a bien profité d’mon duplex à Bastille, quand j’étais en stage à NYC.
— C’est clair. J’te vois d’main au cocktail d’Agathe Zeblouze chez Margin ?
— ‘tain, j’allais oublier… Pour la sortie d’la compil groove de l’aut’ tache ?
— Ouais, Lazy Toy… tu parles d’un nom à la con… Paraît qu’y s’appelle Abdul et qu’y vient d’Sarcelles
— Tu m’étonnes… J’espère que le champ’ s’ra pas tiède comme l’aut’ fois.
— Y’a intérêt. Pis tu verras p’têt’ Damien ?
— Laisse tomber, y sort avec Pablo…
— Sans déc’ ? Ce gros nul qui croyait qu’Armani faisait d’la ricotta ?
— ‘tain, chuis dég’ de la life !
— Y’a d’quoi. Bon, je m’arrache…
— Moi pareil… Sinon, va m’falloir trois tubes d’anti-cernes demain matin.
— Tu m’étonnes… Quand j’vois ma gueule, j’pense déjà au Botox. Paraît qu’Jason a un bon plan dans une clinique vraiment top, qui fait des réducs aux moins de trente ans…
— Trop cool, on en r’parle demain.
— Ça marche.
Smack ! Smack !
Smack ! Smack !
;-)

21/03/2006LÂCHE-LA-MOI !(C'est mardi, c'est parodie ;-)
Lâche-la-moi, mon amour, je tombe de sommeil
Lâche-la-moi, ‘tain, j’ai sommeil, tu penses qu’à toi
Lâche-la-moi et n’oublie pas d’met’ le réveil
Lâche-la-moi, grand fou, lâche-la-moi !
Mon amour, tu vois pas qu’je bâille aux corneilles
Mon amour, évite de prendr’ cet air narquois
Mon amour, mais non, chuis pas asexuel !
Lâche-la-moi, grand fou, lâche-la-moi !
Et si, pour changer, tu venais dans mes bras
Pour faire un câlin et des jeux d’mains pas vilains
Je calm’rai tes peurs et tu t’endormiras
Dans le lit moelleux, je me ferai langoureux
J’joue pas les grognons, encore moins les pucelles
On s’amus’ra d’main au p’tit train dans l’tunnel
Le corps tout fiévreux, le front couvert de sueur
On baiss’ra les voiles et on mettra la vapeur !
Lâche-la-moi et ne glousse pas comme une pintade !
T’as la gaule ? Bon ben, OK, mais j’y peux rien
Comme j’te l’dis : Pour te calmer, prends une douch’ froide
Ou branle-toi tout seul dans ton coin !
Lâche-la-moi et, si l’voisin est d’la jaquette,
Va chez lui, pour t’occuper de son biniou :
« Bien l’bonjour, j’ai un problème avec mon mec
Il bande mou, Monsieur, il bande mou ! »
Mais soudain voilà, je m’éveille dans mon lit
Donc j’avais rêvé, oui, car tu me souris
Je sens sous ta main le P’tit Chose se raidir
Et je vois tes yeux qui scintillent de désir
Mais je crois pourtant que ce rêve a du bon
Grâce à lui, j’ai pu parodier une chanson
Chanson de printemps, chansonnette d’humour
Chanson de garçons, chanson de toujours.
Lâche-la-moi, mon amour, je tombe de sommeil
Lâche-la-moi, 'tain, j’ai sommeil, tu penses qu’à toi
Lâche-la-moi et n’oublie pas d’met’ le réveil
Lâche-la-moi, grand fou, lâche-la-moi !
Mon amour, tu vois pas qu’je bâille aux corneilles
Mon amour, évite de prendr’ cet air narquois
Mon amour, mais non, chuis pas asexuel !
Lâche-la-moi, grand fou, lâche-la-moââââââ !
;-)
(Pardon à Charles T.)

20/03/2006LA BOUFFAÏSSEVu d’ma f’nêtre, on dirait que le printemps est là, enfin… normalement. Mouais, un peu frisquet, methinks. Même le mimosa est tardif, c’t’année….
M’enfin, pour un peu que le soleil montre son nez plusieurs jours d’affilée, le pavé de Paname va bientôt voir refleurir mollets de coq, baskets et pantacourts… jupes fleuries et sandalettes… tee-shirts et jeans légers du commerce équitable… avec tongs néo-babos aux pieds…
À chaque tribu, son dress-code. Dis-moi comment tu t’habilles, c’que tu manges, c’que t’écoutes comme zik… et j’te dirais qui tu es.
Mouais… et quand on se trémousse sur Madonna, mais qu’on rigole des facéties d’une Anaïs ou d’un Bénabar, ou encore qu’on chiale devant le Stabat Mater de Pergolese, on est qui, on est quoi ?
Quand on se régale avec un kébab et un Coke, mais qu’on apprécie aussi une daube à l’ancienne avec un Côte de Bourg, on est qui, on est quoi ?
Et quand on sait qu’on a dépassé la date de péremption pour faire la couverture de Tutu, qu’on n’en demeure pas moins un garçon sensible, qu’est loin de détester les femmes mais qui préfère s’endormir dans les bras de son mec, si toutefois il existe, le bougre… on est qui, on est quoi ?
Quand on croise rue Sainte-Croix ou ailleurs ces quadra-quinquas libidineux, sanglés dans leurs tee-shirts Petit bateau taille 16 ans, burinés au Point Soleil du coin, roulant des muscles, hypertrophiés à grand coup de Carte Gold au Gymnase-Club… Rambo pathétiques qui, telles des pintades en chaleur, s’ébrouent et remuent du croupion sur le dance-floor en hurlant avec Julie Piétri : « Èèèèèèèèèève, lèèèèèveu-toâââââ ! »
Tiens, quand pas plus tard qu’hier soir, dans une pizzeria au cœur du « quartier pour garçons sensibles et filles bricoleuses »… on n’a sous les yeux que des clones ou presque… Et ces deux-là qu’avaient la même coiffure à l’accroche-cœur subtilement gominé… et ces deux autres avec la même casquette à visière… surtout qu’à 22 h, c’est ‘achement utile, une casquette à visière !…
Et ces deux autres encore qui pouvaient pas bouffer leurs lasagnes sans rester scotchés l’un à l’autre comme des siamois… ‘tain, c’est pas vrai, y va pas lui donner la becquée aussi !…
Et l’autre, seize ans et demie à tout casser… gueule pâlichonne et androgyne, tignasse grasse et Régécolor auburn à la Beatles (furieusement tendance) qui dévisage béatement son commensal… lequel pourrait être aisément son père… que dis-je ? son papy ! P’têt’ que c’était son père, remarque, et qu’il en avait la garde le ouikende… faut pas voir le mal chez tous les mâles, m’enfin quand même…
Et les filles, elles étaient où ? À part les femmes de ma vie à ma table… j’crois qu’on pouvait les compter sur une main à peine dans cette mangeoire où le taux de testostérone au mètre carré battait tous les records…
Et pis, et pis… quand on lit c’qu’on lit à longueur de blogs sur l’affligeante déprime de djeunz bourges même pas trentenaires, gavés de thunes et changeant d’amants au gré de leur renouvellement de shorties Dolce & Gabbana…
Quand on voit défiler à longueur de forums cybernéticommunautaires une foultitude d’absurdités, de contrevérités, de fausses valeurs marketing et maraisiennes, érigées en principes incontournables… quand Cucul la Praloche côtoie sans vergogne Jojo la Provok à deux reuss, et je passe sur le langage SMS devenue monnaie courante… eh bé, eh bé…
Eh bé, on a la bouffaïsse qui nous monteu, té ! comme dirait Mado la Niçoise.
Ou alors, c’est hormonal ?…
Ça doit être la pré-andropause qui m’travaille…
;-(

17/03/2006CINDERELLOCinderello vivait à Sarcelles avec sa belle-mère, une vieille salope de première, et deux demi-frères cailleras qui foutaient rien de leurs dix doigts, passaient leur temps devant la téloche et le forçaient à s’taper toutes les corvées à la baraque. Un jour, on les invita à la soirée « Happy Face » dans le Marais.
Les demi-frères enfilèrent les plus belles fringues qu’ils avaient fauché aux Galeries Farfouillette. « J’peux v’nir ? » demanda Cinderello. « Dans tes rêves ! » beuglèrent les deux lascars.
Alors, Cinderello, dégoûté d’la life, se mit à chialer sa race. Soudain, il entendit une voix lui dire : « T’occupes pas d’ces morveux ! T’iras à la soirée trance-dance quand même ! » C’était sa marraine, la fée Sarah Mitaine qu’avait fait fortune dans le gros et demi-gros, rue d’Aboukir.
Et hop ! D’un coup de sex-toy fluo, Cinderello fut vêtu d’une tenue qui déchire et chaussé de Nike top classe avec une languette à scratch comme sur les Puma, mais ‘achement plus design. « N’oublie pas de ramener ta gueule avant minuit ! Tâche de pas louper le RER ! » lui dit la Sarah Mitaine.
À la Trance-Dance Party, le prince dansa avec Cinderello toute la soirée. Même qu’il l’entraîna au carré V.I.P. et lui fit plein de bisous avec la langue et la main au paquet sur la banquette en skaï, car la backroom du sous-sol était fermée pour rénovation… Pis faut dire que l’prince avait des principes et baisait pas avant d’se pacser.
C’était trop cool, car y’avait DJ Bubble-Boy aux platines et de l’ecsta comme s’il en pleuvait. Au douzième coup de minuit, Cinderello s’écria : « Faut que j’me casse ! » et il courut dans l’escalier. Il se gaufra sur la dernière marche, en perdant une basket qui s’était descratchée.
Le lendemain, le prince voulut le retrouver, mais il n’avait que la Nike. Plusieurs djeunz l’essayèrent, mais en vain. Il se présenta chez Cinderello. Les demi-frères cailleras essayèrent la basket, mais ils chmoutaient velu des pieds. Bien sûr, la Nike alla parfaitement à Cinderello qu’avait les panards qui sentaient bon la rose des sables. « Ayé ! J’t’ai retrouvé ! » s’écria le prince. « Ça t’dirait qu’on s’pacse ? »
« Un peu, mon n’veu ! » répondit Cinderello. « C’est trop d’la balle de quitter cette famille à la con ! » Et ils partirent dans la Twingo Fashion-Vintage du prince, puis vécurent heureux dans un triplex maraisien de la mort qui tue avec poutres app’, et adoptèrent plein de p’tits Coréens et de p’tits Javanais rescapés du Tsunami.
;-)
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| Nilda Night
Les yeux sont à peine humides, les paupières pas encore assez lourdes pour que j’éteigne l’ordi et retrouve ma couette, là-bas… au bout du couloir.
Bizarre qu’on ait discuté en forum de baroque, des voix angéliques des haute-contre et que j’y aie associé des chansons, des images, des souvenirs… au point d’aller télécharger plein de titres comme un malade… et de vous les envoyer par mail…
Pardon à celles et ceux qui n’apprécieraient pas… faut que je partage, c’est plus fort que moi, mon côté latin, sans doute, trop convivial, trop chaleureux, trop étouffant… ne me demandez pas d’être cyberformaté, je ne le serai pas, je ne le serai plus… definitely… humain, j’espère, sentimental, sûrement… et si d’aucuns me trouvent mièvre, je les renvoie à leurs amours de pacotille, à leurs étreintes à deux sous, à leur « Je t’aime » de quatorze juillet, comme chantait la Môme Piaf…
Les yeux sont à peine humides… I’m back in Toulouse, douze ans plus tôt… Les larmes ne coulent pas… J’ai dû grandir depuis… La voix troublante de Nilda m’enveloppe, me berce…
"Juste une ivresse
Pour que l’on cesse de boire
Une cicatrice
Pour que l’on puisse y voir…"
La nuit est douce et nostalgique… C’est l’histoire d’un trentenaire qui découvre des caresses viriles qu’il avait dû refouler jusque là…
"Juste une audace
Pour qu’on s’embrasse un peu
Une friandise
Pour qu’on attise le feu…"
Un trentenaire paumé qui sanglote au téléphone avec sa sœur fraîchement parisienne et vivant une si belle histoire avec une femme…
"Quand on se dit peut-être
Ce que l’on voudrait être
Juste au-dessus des règles…"
Ce même trentenaire qui enfouira plus tard sa tête dans un oreiller pour retrouver une odeur de chlore de piscine… et qui se passe en boucle Je veux être un homme heureux de William Sheller et qui, plus tard encore, ira en pleine nuit au CHU retrouver ce maître-nageur qui voulait en finir, parce qu’il faisait trop de mal autour de lui…
C’est l’histoire d’une histoire sans fin, ni avec toi, ni sans toi… où le prétendu fort s’imprègne des fêlures du prétendu faible pour se perdre dans le sordide d’une relation aliénante…
"Et quand la mort sera plus belle
Que n'aura été ma vie
Me resteras-tu fidèle
Viendras-tu avec moi ?"
C’est l’histoire d’un trentenaire qui noircit des pages pour dire « Je t’aime » à un mec qui le quitte pour mieux le retrouver, revient pour mieux s’en aller… ni avec toi, ni sans toi…
C’est l’histoire d’un trentenaire qui partira un beau jour à la capitale et se construira peu à peu sa nouvelle vie d’homme qui aime les hommes, en trébuchant… pour mieux se relever… grâce aux femmes, qu’il aime comme ses sœurs, ses complices qu’il a toujours aimées…
"Relevez-moi femmes sauvages
Ouvrez-moi vite cette cage
Relevez moi femmes sauvages
J'aimerais sortir de la page…"
"Relevez-moi femmes trop femmes
Je compte sur vous pour mon programme
Relevez-moi femmes trop femmes
Je suis sur le fil d'une lame…"
Les larmes coulent enfin… libératrices, je vais pouvoir aller dormir… je vous embrasse. Merci d’exister.
;-)
A HEARTFELT LINE OR TWO
(Original Words and Music by Joan Baez, special version by Z@p Early-Poppet)
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the techno kid with a soft husky voice
Whom I call my spiritual son
He worships that singer from Iceland
Though he loves dancing the madison
His deep brown eyes would match his smiles
When he calls me dad at times
Yet he told me once I was cool enough
To his mind my old age was a laugh
To the sweet lonely guy I got on the phone
Who knew what pathos was
Who cheered me up when I was down
And helped me to find the cause
Of why my ego had the blues
And seemed on the verge of tears
I wish you all such a real friend around
For now and countless years
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the tough bitchy guy with mature charms
And Latino as can be
Who welcomed us with opened arms
For our holidays by the sea
We would laugh around in fashion-queen sand
Like a crazy alien band
Believe me this guy is a gentleman
With bottles of wine and flowers in hand
And to the funny girl I loved from the start
As we chatted so cheerfully
We winked at each other when I turned back
As we marched with “le Gay Paris”
We wined and dined and danced all night
In a sweet complicity
And when she left as a true lady
She kissed my hands so blissfully
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the helpless guy who dropped me some lines
As confusing as can be
And then turned his gaze to a much younger one
Who matched him a lot better than me
I can’t blame him for turning me on
As he would clumsily say
"You’ve always moved me in a special way
I didn’t wanna hurt you, hope to see you some day"
To this musician I wish I had known
Who wrote so skilfully
He passed away when he was still young
One night in last January
I hope he’s fine in dreamland now
With his violin and bow
This guy is an angel and my sympathy
Goes to his partner and his memory
And to the gays and lesbians I call friends
Who sort of form my family
We share the same life with ups and downs
In its strange complexities
They have the patience of the saints
When I’ve been down for a spell
I wish it were a whole lot easier
To find the words to wish them well
And though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
And if they come out good enough
I owe every word to YOU…
© 1977, 1978 Gabriel Earl Music (ASCAP) TO THE GUY I’LL NEVER SLEEP WITH…
Most of the time, you’re (much) younger than me.
Most of the time you just fancy some vague older guy who’s meant to bring you some security, stability, steadiness… whatsoever. That’s bullshit. I’m not that stable and I sometimes feel like some retarded teenager who’s just making jokes for jokes’ sake.
Most of the time I can feel you just fancy some dad or big bro image you’ve never had at home, some male icon missing in your life as you were becoming an adult. Needless to say I’m no hard-boiled Freudian yet nobody can deny these situations do happen more often than not.
Most of the time you’ve been disappointed with guys your own age. You’re just fed up with cheap easy sex and feel frustrated, dissatisfied, and wanna feel secure in some older protecting arms.
Needless to say you often are a bottom and fancy some great middle-aged dominant top, and supposedly very manly at that. Bullshit. I’m neither top nor bottom, and I don’t give a damn about those stupid gay sex types. Needless to say these macho or bitch attitudes are just borrowed from male-female relationships and they really stink, I guess.
Most of the time I feel flattered and I guess you could easily turn me on. I mean it’s OK, you’re gorgeous, fun and everything, and it seems I just have to pick and choose. OK, let’s have some drinks, do chat me up and let’s go to bed, baby.
And here we go again for a one-night stand, a one-week stand, a one-month stand until it breaks up…? You’ll be fed up before long and I will too.
Most of the time you’re not Mr. Right. OK, you could be Mr. Right-Now but that’s not my scene.
Most of the time when I look at you I can picture the kid that would be mine should have I lived a “normal” straight life, and it just feels fun and weird at the same time.
Most of the time when I look at you I can picture myself when I was younger and it feels weird, coz I hadn’t that cool attitude of yours and you gotta remember gays weren’t that “fashionable” in the mid-seventies.
I mean the Net didn’t exist then, with all those easy gay chats and sites, and I was living in the Provinces and I just hadn’t come out yet. I guess I just thought it would be easier for me to live a “normal” life with some cool girl I would’ve met at the University. But life proved otherwise and I slept with my first guy in my early thirties, remember?
So how can you expect me not to put things into perspective as far as my so-called “gay life” is concerned?
Sometimes you may be some carefree, happy-go-lucky guy and I definitely don’t deny we may have fun together, especially if you’re not that younger… say early or mid-thirty. And you perfectly know I can fancy you coz you’re full of energy and both our senses of humour often match. And I guess we just love teasing each other even though that game may be dangerous for both of us… well, especially for the older one who may be at a loss for words when things have gone too far…
Sometimes you just suffer from that so-called Peter Pan syndrome that affects thirtyish people, yet believe me… I’ll be fed up with playing Captain Hook before long.
Sometimes when you feel down, you just wanna have that so-called “strong” shoulder to cry upon. It’s OK for sharing some intimacy then, but whose shoulder I’m supposed to rest upon when it’s my turn to feel down? And who’s going to take off when discovering that kinda colossus I’m meant to be has got feet made of clay?
Most of the time I’ve seen guys my age (among my closest friends) being tricked, deceived, disillusioned and eventually let down by thirtyish guys and I definitely don’t wanna experience that pathos.
Aren’t there some exceptions to the rule? May be… maybe not. After all, we’re supposed to be responsible and agreeing grown-ups… provided both of us are adult enough, actually.
I guess it’s OK for both of us to be buddies, even good close friends, sharing a kinda dad-son or big bro-kid bro relationship with fun and mutual support yet excluding sex.
And please, gimme a break, do stop fancy my salt and pepper hair.
Maturity is no universal cure against your own loneliness and your own troubles to live with yourself, actually.
© Z@p Lonely-Poppet, 2003
(Dedicated to B.)
Les Bibiches
(Billet d’humeur)
Partant du principe que, dans la vie, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, le crémier et la crémière en alternance, et si possible sans interférence, tout en offrant à la société majoritairement hétérote une gueule de gendre idéal bien-pensant et bien-baisant plus vrai que nature, j’ai décidé de pousser un coup de gueule, qui va en faire grincer certains z’é certaines, diguedondon, diguedondaine…
Puisque, jusqu’à preuve du contraire, je suis XY et me considère momosessuel depuis une bonne décennie (« C’est mon choix ! » comme dirait Evelyne Thomas) je m’attarderai donc sur ceux que je connais le mieux et qui commencent à me courir sérieusement sur le haricot, à savoir les bibiches mâles ou bibichons (à ne pas confondre avec bidochons… quoique… ou bifidus actifs… voire passifs, mais je m’égare… ) ou encore bibichieurs ; je laisse le soin à une homologue (sans jeu de mots) femelle de gloser sur les bibichettes ou bibichieuses.
Sachant que la momosessualité mâle se fonde en gros sur trois ou quatre grands concepts : honte, frustration, mensonge, et hypocrisie (la dernière ferme la porte), on ne s’étonnera guère que sévisse sur les cyber-réseaux (qui, normalement, nous sont réservés, à nous autres, les momos) la quintessence du faux-cul : le bibichon post-moderne.
À l’heure du PACS, du mariage momo dans certains pays d’Europe, de la dépénalisation de l’acte momosessuel, de l’éradication du susnommé sur la liste des pathologies répertoriées par l’OMS, et alors même que notre belle capitale se voit dirigée par un momo de bon aloi et sans étendard revanchard, eh bien il semble qu’il soit de bon ton et fort branchouille de s’afficher bibiche, tout en passant le plus clair de son temps à draguer les momos qui, eux, n’ont rien demandé, si ce n’est de pouvoir s’aimer en paix et au grand jour, sans faire chier le peuple.
Souvent urbain, célibataire dans sa période post-pubère (mais, plus tard, comme par hasard, cadre marié ou à la colle, histoire de sauver les apparences), le bibichon affiche une liberté à tout crin, une prétendue absence totale de tabous… Tiens donc ! Alors, pourquoi t’enlèves ton alliance, quand tu vas te faire troncher au Dépôt, Ducon-La joie ? Pourquoi tu t’es marié, puisque tu es si libéré que ça, Jojo Lariflette ? N’est-ce pas là le premier de tes tabous ?… Ben oui, tu comprends, au bout d’un certain âge, si on vit seul… à moins d’être veuf ou divorcé, ça fait tache… Ouais, c’est toi la tache, à mon avis… Et si t’es si bien que ça avec lui, pourquoi tu divorces pas, l’ami ? Puisque, quand tu tombes le masque, au bout de trois ou quatre bières, tu avoues que tu ne LA touches plus depuis belle lurette… hein ? Ah, non, ne me dis pas que tu l’aimes encore, c’est grotesque… Non, mais de qui tu te moques, franchement ? Et moi, chuis quoi dans ce merdier ? Un cinq à sept, un coup vite fait su’l’gaz ? Et qui c’est qui fait l’con les week-ends à attendre ton coup d’fil ? Qui c’est qui peut jamais t’appeler ?
Bref, on nage en plein vaudeville écrit par un auteur de seconde zone… Retour au XIXe siècle, alors qu’on attaque le XXIe… Pathétique à pleurer…
Tout ça procède d’un égocentrisme à faire peur. Le bibichon a son toutou momo sous la main, quand la testostérone le démange et qu’il a besoin de prendre l’air, lorsque sa bourgeoise le gonfle trop. Il respecte qui ? Personne. Même pas lui-même. Son maître mot, que j’exècre entre tous, et qui rime avec « planqué », c’est : « discret ».
Ben oui, tu comprends, c’est pas propre, tout ça ; faut se cacher, pis faut surtout pas s’attacher, des fois qu’on y prendrait goût… Non, les momos, c’est juste pour le cul, la vidange burnesque, la gaudriole, … Pour le solide, le compte-épargne, le pavillon de banlieue, la respectabilité… y’a bobonne et les gosses, qui paieront ma retraite. Et quand cette façade honorable s’écroule, qui c’est qui ramasse les morceaux, hein ? Le momo de service… Ben voyons, tu veux pas aussi que je te garde les gosses, pendant la séance de conciliation chez l’avocat… ?
Oh bien sûr, d’aucuns vous diront qu’ils compartimentent tout à merveille, qu’ils contrôlent bien la situation, qu’ils vous ont prévenus dès le départ… Ah bon ? Et depuis quand on maîtrise l’irrationnel, c’est-à-dire les sentiments ? Et qui n’a jamais débuté une histoire dite « de cul » qui se transforme en vraie histoire, dite… (oh je sais bien… ça fait presque vulgaire, ce mot, tant pis… je l’écris…) « d’amour »… ?
Eh oui, le bibichon n’assume pas vraiment de basculer dans la momosensualité à cent pour cent… ? Oui, mais là, c’est plus votre problème, à vous autres momos, qui avez réglé cette affaire depuis belle lune. Vous allez pas, en plus, jouer les psys, quand même ?
Bref, toute cette diarrhée verbale pour vous dire que y’en a ras la casquette d’être sollicités par les bibiches qui ne sont rien d’autres que des refoulés, des honteuses, qui n’ont aucun respect pour quiconque, qui se croient encore aux XIXe siècle (où triomphait la bourgeoisie faux-derche), qui nous prennent pour des sous-merdes, qui veulent tout et ne donnent rien en retour… et qui n’hésitent pas à rouler des mécaniques au bras de l’officielle, à casser de la pédale en paroles, voire en action… des fois que y’aurait des doutes dans leur entourage… Moi ? Ça va pas, mon pote ! Non, j’ai toujours aimé le foot et le rugby, tu sais bien… Sacrée ambiance dans les vestiaires… Et même si l’œil s’attarde un peu trop sur ce qu’il a honte de regarder… ma foi, on pète en chœur sous la douche, et la virilité est sauve…
Honte, frustration, mensonge, hypocrisie… On en crève, je vous dis… Et ça n’évolue guère… On est encore dans les années 50. Et maintenant, y’a l’alibi « bi » de la libido pour mieux brouiller les cartes… et se planquer… et foutre en l’air des années de lutte pour la reconnaissance de notre dignité.
© Z@p Early-Poppet, 2001
Messieurs, vous me saoulez…
Messieurs, vous me saoulez, que dis-je ! Vous me navrez
Avec vos discours nuls qui ne valent pas tripette
Vos sentiments bidons, vos pleurs, vos simagrées
Larmes de crocodile pour cœur de midinette
Votre drague à deux balles, vos romans à deux sous
Vos passions frelatées, vos amours qui bandent mou
Vous ne faites que gémir sur votre triste sort
Sur celui qui vous quitte et l’absence de son corps
Et vous n’avez de cesse de chercher l’âme sœur
Quand, dans votre attitude, vous n’êtes que des baiseurs
Vous sublimez le couple et rêvez du duo
Quand vous n’êtes pas à même de sonder votre ego
Vous confondez désir avec sentiments vrais
Comme si des draps froissés ne pouvaient se tromper
Vous mélangez plaisir et émotions sincères
Pour le premier venu qui a l’heur de vous plaire
Mais ne venez pas geindre, s’il vous ignore ensuite
Foin de glose sur le cœur, quand il s’agit de bite
Videz-vous donc les couilles, profitez de l’instant
Évitez les embrouilles et ne faites pas l’enfant
Si en l’absence d’affect, la chair vous semble triste
Usez de votre main pour les plaisirs fugaces
Dans l’art de la pignole, vous deviendrez artiste
Et vous m’épargnerez votre bêtise crasse
Ne vous méprenez pas sur le sens de mon ire
Je suis votre semblable et j’ai sans doute fait pire
Mais de grâce ! Assumez vos actes, les frangins
Soyez donc plus adultes et un peu moins crétins
Car à force d’atteler charrue avant bestiaux
On perd tout repère, on se fourvoie sans cesse
On pleurniche, on rabâche, on n’est pas rigolo
Et le peuple en a marre de nos histoires de fesses
©Z@p Early-Poppet, 2002
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