16/05/2004DELIRIUM TRES MINCE ON SATURDAY NIGHTRestau et after chaleureux et drolatique en diable. La frangine hilare qui fait mine de repérer dans une vitrine de Pédéland un tee-shirt fluo à m’offrir… le genre XXS qu’à peine tu passes un bras, tu l’éclates, à moins d’être une crevette post-pubère anémiée, 45 kg tout mouillé. J’engueule l’Ashké-Boy qui m’présente pas au Garçon vert, croisé vite fait place du Bourg Tibourg. Il se venge en m’imitant à l’envi quand je déclare, l’œil extatique et l’air inspiré : « J’aiiiiime la morue ! » Adorable sale gosse qui m’apprend à dire merde à mes détracteurs, quand j’m’emballe pour des vétilles.
Retour en scoot, nez au vent, blouson vintage boutonné jusqu’au col et pull enroulé autour du cou (« Faut protéger tes ouvertures… » me pianote plus tard l’Ashké-Boy que j’imagine goguenard). Pattes écartées sur les cale-pieds, j’ai toujours une vague vision d’étriers de gynéco, quand je chevauche le scoot en croupe… Mais j’préfère de loin les spéculoos (brisure idéale pour tapisser le fond d’un cheese-cake) au spéculum.
Début de crampe au cuissot gauche une fois dans le bordel nocturne de la Place d’Clichy… J’m’appelle Chouchou et j’adooooooooore lis sushis !… La gueule ouverte (pour changer) je tchatche avec Sigmund Fred qui slalome entre les bagnoles, tout en me racontant qu’elle a joué les marieuses et favorisé un couple hétéro… Deux de casés, dix de séparés…
Retour dans la venelle. Smac ! Smac ! Rendez-vous à l’océan en fin d’semaine. Pourvu qu’il fasse beau. J’emporte le maillot, tu crois ?
Back home. Clopes et Coca Lemon Light. La nuit s’étire au fil des cyberdials… Claviers fébriles qui pianotent la solitude par écrans interposés. Je songe à cette touchante promenade douce-amère, s’achevant sur un clin d’œil musical, que j’ai lue en début de soirée sur le blog du P’tit géminien du XIe.
Tchatche alternée d’un site à l’autre. Je souris en découvrant le délire poético-érotique de Moo-Moon et Diaou en forum. Le Garçon écolo se confie en pointillés à la vieille brute que je suis. Georgie Dearest me cause jazz et blues. Je réécoute la belle Diana plusieurs fois. Quand on aime, on ne compte pas…
J’étouffe un rire en songeant à l’Anglo-Breton qu’a dû pisser dans la mer pour glorifier son amûûûr pour Dame Nature… Fofie f’embrouille dans les mariages bi… Le Nounours poitevin a écrit gentiment que j’étais « djeun dedans ». Ca va bien m’faire huit jours…
Je me laisse envoûter par Lhasa… autre style, autre émotion… ça chatouille mes racines latines qui bousculent mon pseudo flegme british. Après tout, on peut préférer Cunnie Williams au cunnilingus et apprécier les voix chaudes et féminines qui caressent l’oreille…
J’me sens riche de ces amitiés, de ces parcelles d’humanités cybernétiques. J’ai pas les bras assez grands pour vous étreindre toutes et tous. Vendredi, je serai un p’tit garçon de 47 ans aux cheveux poivre et sel… T’inkiète, Aghone, avec ou sans concombre, on gardera la cuisse ferme, faute d’être légère…
Je chialerai ma race une autre nuit, pis chuis sûr qu’El Desierto peut s’danser en madison, hein Dolphi ?
;-)
12/05/2004NARROW DAYLIGHT, Diana Krall(Tentative d'exégèse)
Quelques notes d’intro au piano, une voix de Black, un peu cassée, sensuelle… des paroles tantôt susurrées, tantôt veloutées, voire à peine articulées avec cette langueur envoûtante de la professionnelle qui chante comme elle respire…
"Narrow daylight entered my room
Shining hours were brief
Winter is over
Summer is near
Are we stronger than we believe?"
À en croire le texte, c’est manifestement la fin des épreuves, des tourments de l’hiver où le soleil s’est fait rare ; l’été rédempteur est sur le point d’éclore et cette mince lumière du jour (le titre) semble en être le signe avant-coureur.
Première phrase-clé : Est-on plus fort qu’on le croit ?
Il est d’abord question de grandeur et de décadence (la réputation et l’infâmie), avec l’œil de l’objectif qui transperce l’âme pour mieux la mettre à nue (au-delà de toute vanité), en s’attachant à un détail infime, ordinaire. On songe à la célébrité qui ne s’offre pas sans contrepartie, le fameux « revers de la médaille ».
"I walked through halls of reputation
Among the infamous too
As the camera clings to the common thread
Beyond all vanity
Into a gaze to shoot you through"
Deuxième phrase-clé qui sera répétée : Chacun dissimule-t-il en lui cette bonté que tout le monde espère ?
"Is the kindness we count upon
Hidden in everyone?"
La volonté de rédemption est rendue par l’image de la clairière baignée de soleil, au cœur de laquelle on souhaite la pluie salvatrice qui « lave » le chagrin, pour qu’il ne nous anéantisse plus.
"I stepped out in a sunlit grove
Although deep down I wished it would rain
Washing away all the sadness and tears
That will never fall so heavily again"
Un solo de guitare, comme pour laisser le temps à la chanteuse de repousser une mèche blonde derrière l’oreille, d’avaler une gorgée de mint julep… et à vous de vous remettre de mon exégèse fumeuse…
Rappel de la première phrase clé… Puis :
"I stood there in the salt spray air
Felt wind sweeping over my face
I ran up through the rocks to the old
wooden cross
It's a place where I can find some peace"
Image du châtiment d’abord volontairement subi : les embruns qui fouettent le visage offert aux éléments (qui plus est, le sel… ben, ça picote…), ou carrément l’auto-flagellation : la traversée du désert rocailleux au pas de course qui mène à l’ancestrale croix en bois (symbolique religieuse évidente). On veut expier, mais on cherche surtout un semblant de paix.
L’ensemble est chanté avec une facilité déconcertante de beauté, et ce petit joyau de sensibilité (où le daylight devient delight, j'ai pas pu m'en empêcher...) se conclue sur la première phrase clé : Est-on plus fort qu’on le croit ?
Et si l’on pouvait tout simplement puiser ses propres forces en soi ?…
(MP3 par e-mail, sur simple demande, comme d'hab')
;-)
09/05/2004La Crise /5 Single Income No Kids
Comme dirait un sémillant quadra bordeluche de ta connaissance qui a réussi son divorce et son homoparentalité, avant que le sujet n’occupe la une des pages « société » des médias postmodernes : « On rigole, mais c’est du souci, ces gosses ! » Et, dans un clin d’œil complice, il te ressert un verre de Lambrusco, alors que tu rêves sous les étoiles de la progéniture que tu n’auras jamais.
Et pourtant… le hasard des rencontres cybernétiques, confirmées par des affinités électives bien réelles, en a peut-être décidé autrement. Avec le temps s’est constituée autour de toi une sorte de famille, dont les cousinages sont le fruit d’un choix mutuel, faisant fi des tranches d’âge, origines, milieux et autres modes de vie.
Mais qu’en est-il de tes rapports avec les plus jeunes qui peuplent ton entourage proche ? Figure tutélaire ? Paternité de substitution ? Ce brave Sigmund pourrait noircir des pages entières que tu n’en saurais pas plus. Certes, tu n’es pas le dernier à jouer les mères juives quand tu pousses ta gueulante si l’un des « fistons » lève trop le coude, quand tu veux être « tenu au courant » des bobos d’un autre, ou t’inquiètes des problèmes d’emploi d’un troisième... sans parler du pot de houmous familial que tu prévoit pour celui qui est allergique au fromage ou du « doggy-bag » avec des gâteaux de ta fabrication… « pour demain, ton p’tit déj’… »
Mais tu te fais discret, enfin, tu essayes… pas trop inquisiteur, pas trop intrusif… « Laisse-les faire leur chemin ! », te rappelle le Bordeluche multitâches, qui doit gérer la garde conjointe de deux « vrais gamins », sa vie de couple gay et un boulot stressant. « S’ils sont à ramasser à la p’tite cuiller, t’inquiète, on est là ! »
Pour le meilleur, comme pour le pire… tu es là, bien sûr… autour d’une table conviviale… d’un café au petit matin, propice aux confidences… après avoir passé la nuit à faire le con sur une piste de danse… au bout du fil, quand le Salsero-thésard vient de vivre son coming-out auprès de môman et qu’il tient à t’en informer le premier, la voix soulagée et encore tremblante… quand tu découvres en live l’idole islandaise du Pierrot lunaire qui jubile à tes côtés, au milieu de quinze mille aficionados… quand tu joues les conseillers en look dans une boutique de fringues, avec l’Ashké-Boy qui doit s’acheter une tenue de ville pour un entretien professionnel.
Et ils sont là aussi… quand le Pierrot lunaire se pointe guilleret avec de la bouffe pour un dîner de Noël en duo… et toi, surchargé de boulot, qui t’écroules sur le canapé et rateras d’ailleurs ton avion le lendemain… quand le Salsero-thésard te rappelle à l’ordre si ça déconne dans ta tête… quand l’Ashké-Boy t’engueule parce que t’as pas donné de nouvelles : « On voit bien qu’t’as pas d’enfants ! » Celui-là même, avec son regard vert de gris embrumé et son sourire borderline de fin de soirée, qui te sert fort dans ses bras en te disant qu’il t’aime, comme pour s’excuser d’avoir trop forcé sur la vodka, pour pas que tu t’inquiètes trop… mais aussi peut-être parce que tu as su deviner ses bleus à l’âme, lire sa noirceur, que tu préfèrerais plus douce qu’amère, parfois…
Car ils manient bien la plume, les bougres, chacun dans son style propre. Ils te font aussi découvrir des bouquins, des musiques, partagent ton goût du cinéma, des séries TV, t’invitent dans un univers où les générations se confondent, s’enrichissent mutuellement.
Avec l’âge, au fil des amitiés, on découvre une filiation de cœur qui n’a rien à envier aux liens du sang…
;-)
05/05/2004Who cares anyway?The guy isn’t mine and I guess he’ll never be. I don’t even know if I could fall for him. I guess I could yet I dunno why. I guess he moved me once and he still does now and then. I dunno why.
I can’t help reaching out for him when he seems to feel down. I dunno why. Just in case he would sink lower I can’t help telling him I care. I dunno why.
I sometimes miss his jokes and tricks when he used to tease me back on that website of ours. To be honest I didn’t care at first. “Just another boy”, I would tell myself. “Here we go again”, I would think. Then suddenly it clicked. I dunno why.
I guess I was a bit scared. Too late anyway. He had already paired with another one who seemed to match him better. It served me right for dragging my feet. Fact is I can’t help being puzzled as soon as some guy happens to show some interest in me, and a younger one at that. Well, not that young actually. “Hi, Mr. Early Thirty. Don’t waste your energy. I’m Mr. Mid-Forty. At least gimme some time for pulling my shit together.” Fuck my self-consciousness and procrastination! Pathetic as can be. But that’s me.
Yet I had to tell him and I did. And life went on. Now and again he would confide in me. Now and again he would ask me for a drink or a grub. I dunno why. And I would always respond with my usual “yes-but-no" answer. Last time I opted for the “neither-yes-nor-no" answer. In the meantime they've split and now both of them must hurt. I just dunno what went wrong between them. That’s no business of mine. Who am I to judge anyway?
Next time he feels like having a drink and a bit of a chat, I guess I must pick the “OK-why-not?” option. Nobody moved me the way he did so far. I wish I could help him. I still dunno how and why. I just had to put it down in writing...
Who cares anyway?
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| Nilda Night
Les yeux sont à peine humides, les paupières pas encore assez lourdes pour que j’éteigne l’ordi et retrouve ma couette, là-bas… au bout du couloir.
Bizarre qu’on ait discuté en forum de baroque, des voix angéliques des haute-contre et que j’y aie associé des chansons, des images, des souvenirs… au point d’aller télécharger plein de titres comme un malade… et de vous les envoyer par mail…
Pardon à celles et ceux qui n’apprécieraient pas… faut que je partage, c’est plus fort que moi, mon côté latin, sans doute, trop convivial, trop chaleureux, trop étouffant… ne me demandez pas d’être cyberformaté, je ne le serai pas, je ne le serai plus… definitely… humain, j’espère, sentimental, sûrement… et si d’aucuns me trouvent mièvre, je les renvoie à leurs amours de pacotille, à leurs étreintes à deux sous, à leur « Je t’aime » de quatorze juillet, comme chantait la Môme Piaf…
Les yeux sont à peine humides… I’m back in Toulouse, douze ans plus tôt… Les larmes ne coulent pas… J’ai dû grandir depuis… La voix troublante de Nilda m’enveloppe, me berce…
"Juste une ivresse
Pour que l’on cesse de boire
Une cicatrice
Pour que l’on puisse y voir…"
La nuit est douce et nostalgique… C’est l’histoire d’un trentenaire qui découvre des caresses viriles qu’il avait dû refouler jusque là…
"Juste une audace
Pour qu’on s’embrasse un peu
Une friandise
Pour qu’on attise le feu…"
Un trentenaire paumé qui sanglote au téléphone avec sa sœur fraîchement parisienne et vivant une si belle histoire avec une femme…
"Quand on se dit peut-être
Ce que l’on voudrait être
Juste au-dessus des règles…"
Ce même trentenaire qui enfouira plus tard sa tête dans un oreiller pour retrouver une odeur de chlore de piscine… et qui se passe en boucle Je veux être un homme heureux de William Sheller et qui, plus tard encore, ira en pleine nuit au CHU retrouver ce maître-nageur qui voulait en finir, parce qu’il faisait trop de mal autour de lui…
C’est l’histoire d’une histoire sans fin, ni avec toi, ni sans toi… où le prétendu fort s’imprègne des fêlures du prétendu faible pour se perdre dans le sordide d’une relation aliénante…
"Et quand la mort sera plus belle
Que n'aura été ma vie
Me resteras-tu fidèle
Viendras-tu avec moi ?"
C’est l’histoire d’un trentenaire qui noircit des pages pour dire « Je t’aime » à un mec qui le quitte pour mieux le retrouver, revient pour mieux s’en aller… ni avec toi, ni sans toi…
C’est l’histoire d’un trentenaire qui partira un beau jour à la capitale et se construira peu à peu sa nouvelle vie d’homme qui aime les hommes, en trébuchant… pour mieux se relever… grâce aux femmes, qu’il aime comme ses sœurs, ses complices qu’il a toujours aimées…
"Relevez-moi femmes sauvages
Ouvrez-moi vite cette cage
Relevez moi femmes sauvages
J'aimerais sortir de la page…"
"Relevez-moi femmes trop femmes
Je compte sur vous pour mon programme
Relevez-moi femmes trop femmes
Je suis sur le fil d'une lame…"
Les larmes coulent enfin… libératrices, je vais pouvoir aller dormir… je vous embrasse. Merci d’exister.
;-)
A HEARTFELT LINE OR TWO
(Original Words and Music by Joan Baez, special version by Z@p Early-Poppet)
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the techno kid with a soft husky voice
Whom I call my spiritual son
He worships that singer from Iceland
Though he loves dancing the madison
His deep brown eyes would match his smiles
When he calls me dad at times
Yet he told me once I was cool enough
To his mind my old age was a laugh
To the sweet lonely guy I got on the phone
Who knew what pathos was
Who cheered me up when I was down
And helped me to find the cause
Of why my ego had the blues
And seemed on the verge of tears
I wish you all such a real friend around
For now and countless years
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the tough bitchy guy with mature charms
And Latino as can be
Who welcomed us with opened arms
For our holidays by the sea
We would laugh around in fashion-queen sand
Like a crazy alien band
Believe me this guy is a gentleman
With bottles of wine and flowers in hand
And to the funny girl I loved from the start
As we chatted so cheerfully
We winked at each other when I turned back
As we marched with “le Gay Paris”
We wined and dined and danced all night
In a sweet complicity
And when she left as a true lady
She kissed my hands so blissfully
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the helpless guy who dropped me some lines
As confusing as can be
And then turned his gaze to a much younger one
Who matched him a lot better than me
I can’t blame him for turning me on
As he would clumsily say
"You’ve always moved me in a special way
I didn’t wanna hurt you, hope to see you some day"
To this musician I wish I had known
Who wrote so skilfully
He passed away when he was still young
One night in last January
I hope he’s fine in dreamland now
With his violin and bow
This guy is an angel and my sympathy
Goes to his partner and his memory
And to the gays and lesbians I call friends
Who sort of form my family
We share the same life with ups and downs
In its strange complexities
They have the patience of the saints
When I’ve been down for a spell
I wish it were a whole lot easier
To find the words to wish them well
And though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
And if they come out good enough
I owe every word to YOU…
© 1977, 1978 Gabriel Earl Music (ASCAP) TO THE GUY I’LL NEVER SLEEP WITH…
Most of the time, you’re (much) younger than me.
Most of the time you just fancy some vague older guy who’s meant to bring you some security, stability, steadiness… whatsoever. That’s bullshit. I’m not that stable and I sometimes feel like some retarded teenager who’s just making jokes for jokes’ sake.
Most of the time I can feel you just fancy some dad or big bro image you’ve never had at home, some male icon missing in your life as you were becoming an adult. Needless to say I’m no hard-boiled Freudian yet nobody can deny these situations do happen more often than not.
Most of the time you’ve been disappointed with guys your own age. You’re just fed up with cheap easy sex and feel frustrated, dissatisfied, and wanna feel secure in some older protecting arms.
Needless to say you often are a bottom and fancy some great middle-aged dominant top, and supposedly very manly at that. Bullshit. I’m neither top nor bottom, and I don’t give a damn about those stupid gay sex types. Needless to say these macho or bitch attitudes are just borrowed from male-female relationships and they really stink, I guess.
Most of the time I feel flattered and I guess you could easily turn me on. I mean it’s OK, you’re gorgeous, fun and everything, and it seems I just have to pick and choose. OK, let’s have some drinks, do chat me up and let’s go to bed, baby.
And here we go again for a one-night stand, a one-week stand, a one-month stand until it breaks up…? You’ll be fed up before long and I will too.
Most of the time you’re not Mr. Right. OK, you could be Mr. Right-Now but that’s not my scene.
Most of the time when I look at you I can picture the kid that would be mine should have I lived a “normal” straight life, and it just feels fun and weird at the same time.
Most of the time when I look at you I can picture myself when I was younger and it feels weird, coz I hadn’t that cool attitude of yours and you gotta remember gays weren’t that “fashionable” in the mid-seventies.
I mean the Net didn’t exist then, with all those easy gay chats and sites, and I was living in the Provinces and I just hadn’t come out yet. I guess I just thought it would be easier for me to live a “normal” life with some cool girl I would’ve met at the University. But life proved otherwise and I slept with my first guy in my early thirties, remember?
So how can you expect me not to put things into perspective as far as my so-called “gay life” is concerned?
Sometimes you may be some carefree, happy-go-lucky guy and I definitely don’t deny we may have fun together, especially if you’re not that younger… say early or mid-thirty. And you perfectly know I can fancy you coz you’re full of energy and both our senses of humour often match. And I guess we just love teasing each other even though that game may be dangerous for both of us… well, especially for the older one who may be at a loss for words when things have gone too far…
Sometimes you just suffer from that so-called Peter Pan syndrome that affects thirtyish people, yet believe me… I’ll be fed up with playing Captain Hook before long.
Sometimes when you feel down, you just wanna have that so-called “strong” shoulder to cry upon. It’s OK for sharing some intimacy then, but whose shoulder I’m supposed to rest upon when it’s my turn to feel down? And who’s going to take off when discovering that kinda colossus I’m meant to be has got feet made of clay?
Most of the time I’ve seen guys my age (among my closest friends) being tricked, deceived, disillusioned and eventually let down by thirtyish guys and I definitely don’t wanna experience that pathos.
Aren’t there some exceptions to the rule? May be… maybe not. After all, we’re supposed to be responsible and agreeing grown-ups… provided both of us are adult enough, actually.
I guess it’s OK for both of us to be buddies, even good close friends, sharing a kinda dad-son or big bro-kid bro relationship with fun and mutual support yet excluding sex.
And please, gimme a break, do stop fancy my salt and pepper hair.
Maturity is no universal cure against your own loneliness and your own troubles to live with yourself, actually.
© Z@p Lonely-Poppet, 2003
(Dedicated to B.)
Les Bibiches
(Billet d’humeur)
Partant du principe que, dans la vie, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, le crémier et la crémière en alternance, et si possible sans interférence, tout en offrant à la société majoritairement hétérote une gueule de gendre idéal bien-pensant et bien-baisant plus vrai que nature, j’ai décidé de pousser un coup de gueule, qui va en faire grincer certains z’é certaines, diguedondon, diguedondaine…
Puisque, jusqu’à preuve du contraire, je suis XY et me considère momosessuel depuis une bonne décennie (« C’est mon choix ! » comme dirait Evelyne Thomas) je m’attarderai donc sur ceux que je connais le mieux et qui commencent à me courir sérieusement sur le haricot, à savoir les bibiches mâles ou bibichons (à ne pas confondre avec bidochons… quoique… ou bifidus actifs… voire passifs, mais je m’égare… ) ou encore bibichieurs ; je laisse le soin à une homologue (sans jeu de mots) femelle de gloser sur les bibichettes ou bibichieuses.
Sachant que la momosessualité mâle se fonde en gros sur trois ou quatre grands concepts : honte, frustration, mensonge, et hypocrisie (la dernière ferme la porte), on ne s’étonnera guère que sévisse sur les cyber-réseaux (qui, normalement, nous sont réservés, à nous autres, les momos) la quintessence du faux-cul : le bibichon post-moderne.
À l’heure du PACS, du mariage momo dans certains pays d’Europe, de la dépénalisation de l’acte momosessuel, de l’éradication du susnommé sur la liste des pathologies répertoriées par l’OMS, et alors même que notre belle capitale se voit dirigée par un momo de bon aloi et sans étendard revanchard, eh bien il semble qu’il soit de bon ton et fort branchouille de s’afficher bibiche, tout en passant le plus clair de son temps à draguer les momos qui, eux, n’ont rien demandé, si ce n’est de pouvoir s’aimer en paix et au grand jour, sans faire chier le peuple.
Souvent urbain, célibataire dans sa période post-pubère (mais, plus tard, comme par hasard, cadre marié ou à la colle, histoire de sauver les apparences), le bibichon affiche une liberté à tout crin, une prétendue absence totale de tabous… Tiens donc ! Alors, pourquoi t’enlèves ton alliance, quand tu vas te faire troncher au Dépôt, Ducon-La joie ? Pourquoi tu t’es marié, puisque tu es si libéré que ça, Jojo Lariflette ? N’est-ce pas là le premier de tes tabous ?… Ben oui, tu comprends, au bout d’un certain âge, si on vit seul… à moins d’être veuf ou divorcé, ça fait tache… Ouais, c’est toi la tache, à mon avis… Et si t’es si bien que ça avec lui, pourquoi tu divorces pas, l’ami ? Puisque, quand tu tombes le masque, au bout de trois ou quatre bières, tu avoues que tu ne LA touches plus depuis belle lurette… hein ? Ah, non, ne me dis pas que tu l’aimes encore, c’est grotesque… Non, mais de qui tu te moques, franchement ? Et moi, chuis quoi dans ce merdier ? Un cinq à sept, un coup vite fait su’l’gaz ? Et qui c’est qui fait l’con les week-ends à attendre ton coup d’fil ? Qui c’est qui peut jamais t’appeler ?
Bref, on nage en plein vaudeville écrit par un auteur de seconde zone… Retour au XIXe siècle, alors qu’on attaque le XXIe… Pathétique à pleurer…
Tout ça procède d’un égocentrisme à faire peur. Le bibichon a son toutou momo sous la main, quand la testostérone le démange et qu’il a besoin de prendre l’air, lorsque sa bourgeoise le gonfle trop. Il respecte qui ? Personne. Même pas lui-même. Son maître mot, que j’exècre entre tous, et qui rime avec « planqué », c’est : « discret ».
Ben oui, tu comprends, c’est pas propre, tout ça ; faut se cacher, pis faut surtout pas s’attacher, des fois qu’on y prendrait goût… Non, les momos, c’est juste pour le cul, la vidange burnesque, la gaudriole, … Pour le solide, le compte-épargne, le pavillon de banlieue, la respectabilité… y’a bobonne et les gosses, qui paieront ma retraite. Et quand cette façade honorable s’écroule, qui c’est qui ramasse les morceaux, hein ? Le momo de service… Ben voyons, tu veux pas aussi que je te garde les gosses, pendant la séance de conciliation chez l’avocat… ?
Oh bien sûr, d’aucuns vous diront qu’ils compartimentent tout à merveille, qu’ils contrôlent bien la situation, qu’ils vous ont prévenus dès le départ… Ah bon ? Et depuis quand on maîtrise l’irrationnel, c’est-à-dire les sentiments ? Et qui n’a jamais débuté une histoire dite « de cul » qui se transforme en vraie histoire, dite… (oh je sais bien… ça fait presque vulgaire, ce mot, tant pis… je l’écris…) « d’amour »… ?
Eh oui, le bibichon n’assume pas vraiment de basculer dans la momosensualité à cent pour cent… ? Oui, mais là, c’est plus votre problème, à vous autres momos, qui avez réglé cette affaire depuis belle lune. Vous allez pas, en plus, jouer les psys, quand même ?
Bref, toute cette diarrhée verbale pour vous dire que y’en a ras la casquette d’être sollicités par les bibiches qui ne sont rien d’autres que des refoulés, des honteuses, qui n’ont aucun respect pour quiconque, qui se croient encore aux XIXe siècle (où triomphait la bourgeoisie faux-derche), qui nous prennent pour des sous-merdes, qui veulent tout et ne donnent rien en retour… et qui n’hésitent pas à rouler des mécaniques au bras de l’officielle, à casser de la pédale en paroles, voire en action… des fois que y’aurait des doutes dans leur entourage… Moi ? Ça va pas, mon pote ! Non, j’ai toujours aimé le foot et le rugby, tu sais bien… Sacrée ambiance dans les vestiaires… Et même si l’œil s’attarde un peu trop sur ce qu’il a honte de regarder… ma foi, on pète en chœur sous la douche, et la virilité est sauve…
Honte, frustration, mensonge, hypocrisie… On en crève, je vous dis… Et ça n’évolue guère… On est encore dans les années 50. Et maintenant, y’a l’alibi « bi » de la libido pour mieux brouiller les cartes… et se planquer… et foutre en l’air des années de lutte pour la reconnaissance de notre dignité.
© Z@p Early-Poppet, 2001
Messieurs, vous me saoulez…
Messieurs, vous me saoulez, que dis-je ! Vous me navrez
Avec vos discours nuls qui ne valent pas tripette
Vos sentiments bidons, vos pleurs, vos simagrées
Larmes de crocodile pour cœur de midinette
Votre drague à deux balles, vos romans à deux sous
Vos passions frelatées, vos amours qui bandent mou
Vous ne faites que gémir sur votre triste sort
Sur celui qui vous quitte et l’absence de son corps
Et vous n’avez de cesse de chercher l’âme sœur
Quand, dans votre attitude, vous n’êtes que des baiseurs
Vous sublimez le couple et rêvez du duo
Quand vous n’êtes pas à même de sonder votre ego
Vous confondez désir avec sentiments vrais
Comme si des draps froissés ne pouvaient se tromper
Vous mélangez plaisir et émotions sincères
Pour le premier venu qui a l’heur de vous plaire
Mais ne venez pas geindre, s’il vous ignore ensuite
Foin de glose sur le cœur, quand il s’agit de bite
Videz-vous donc les couilles, profitez de l’instant
Évitez les embrouilles et ne faites pas l’enfant
Si en l’absence d’affect, la chair vous semble triste
Usez de votre main pour les plaisirs fugaces
Dans l’art de la pignole, vous deviendrez artiste
Et vous m’épargnerez votre bêtise crasse
Ne vous méprenez pas sur le sens de mon ire
Je suis votre semblable et j’ai sans doute fait pire
Mais de grâce ! Assumez vos actes, les frangins
Soyez donc plus adultes et un peu moins crétins
Car à force d’atteler charrue avant bestiaux
On perd tout repère, on se fourvoie sans cesse
On pleurniche, on rabâche, on n’est pas rigolo
Et le peuple en a marre de nos histoires de fesses
©Z@p Early-Poppet, 2002
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