27/02/2004HOMOTIONSÀ ces garçons sensibles qui ont su m’émouvoir
Par un éclat de rire, un geste ou un regard
Tantôt l’âme rieuse, tantôt cœur solitaire
Je rends hommage ici et leur dédie ces vers
À ces filles de Sapho qui se plaisent avec moi
À celles dont la présence est une immense joie
Complices et amies, elles ont mon affection
Car on adore les femmes, quand on aime les garçons
À tous les gars fragiles et aux filles bricoleuses
Je souhaite une vie gay, une existence joyeuse
En votre compagnie, le courant passe toujours
Qu’il s’agisse d’amitié, de tendresse ou d’amour
Que tu sois butch ou fem, tasspé ou look macho
Rangers, talons aiguilles, Queen, Pulp ou bien Tango
Qu’importe le dance-floor, si t’es vraiment toi-même
Et qu’importe celui, celle qui te dit « Je t’aime »
À vingt ans, tu te cherches, te construis chaque jour
À trente ans, tu caresses l’espoir du grand amour
À quarante, au-delà, tu veux y croire encore
Et goûter de la vie les mille et un trésors
Parfois l’on se contente d’une étreinte d’un soir
Pour mieux tromper l’ennui, chasser le désespoir
Mais jeunots ou anciens, c’est en technicolor
Que l’on veut toutes et tous aimer avant la mort
Chacun à sa manière vit selon ses désirs
Ou du moins comme il peut, au gré de ses délires
Mais je veux dire aussi qu’un geste ou un sourire
Peut réchauffer nos cœurs, en évitant le pire
Les mœurs ont évolué, les clichés un peu moins
Si invertis nous sommes, d’aucuns nous jugent malsains
Alors, pour les faire taire, réinventons nos vies
Dédaigner leur misère est notre vrai défi…
(Crazy Z@p Strikes Again !)
ODAMONKÈKIl a su conquérir les plus fines des gueules
Tout ce que Paris compte de grincheux, de bégueules
Que dis-je ! On le louange par-delà les frontières
Des vingt arrondissements, c’est dire si j’en suis fier !
Il réjouit vos papilles, ce divin mets salé
Qui se consomme tout simple en manière d’entrée
À moins que l’appéro se veuille plus dînatoire
Il anime les cocktails et me couvre de gloire !
Que vous soyez gourmets, gourmands ou morfalous
À la première bouchée, vous en devenez fous
Et me voyez ravi de votre régalade
Pour mieux l’accompagner, quelques feuilles de salade ?
S’il vous semble étouffe-goy, pour mieux le faire glisser
Une laitue bien craquante devrait vous contenter
Quoique la béarnaise, la crème fraîche moutardée
Peuvent aussi l’attendrir et bien l’accommoder
Il se savoure tiède ou froid, comme il vous sied
Quand vous l’avez en bouche, il vous rend guilleret,
Grâce à son doux moelleux sous sa croûte dorée,
Vous témoignez pour lui d’un goût immodéré
Mais en quelques instants il ne reste plus une miette
Adieu curry, fromage, chair de crabe et crevettes !
Et certains parmi vous perdraient sans doute la tête,
Me collant au fourneau, jusqu’à c’que mort s’en suive
Tellement vous raffolez de mon cake aux olives !
© Z@p Early-Poppet, 2003
26/02/2004La crise /3Affreux Loup
Comme dirait un Bordelais de ta connaissance, poète à ses heures, entre deux gorgeons de Clairet : « J’ai passé ma vie à jouer les casse-couilles, alors j’peux bien devenir presbyte… » Nul ne saurait avoir meilleur sens de la formule assassine.
Ta galère a commencé dans une rame, un beau jour que tu voguais vers quelque quartier mal connu. Certes, d’ordinaire tu te diriges quasiment les yeux fermés dans le dédale du métropolitain mais, ce jour-là, une vérification s’impose. Bref… tu remises par-devers toi ta fierté parigote, pour sortir le fameux plan de ta poche. Enfin, plan, c’est beaucoup dire… Timbre-poste, oui !
Ô Stupeur ! Voilà que les lignes se retrouvent sens dessus dessous et le nom des stations en ouzbek ancien ! Et toi de pester contre la RATP qui aurait, sans crier gare (et surtout sans te prévenir !) chamboulé les itinéraires. Tu le tiens à l’envers, pauvre abruti ! Respire un grand coup et retourne-le… Éloigne-le un peu… Tiens-le à bout de bras, en somme. Tu peux toujours décocher un regard meurtrier aux passagers d’en face qui t’observent, hilares, mais il faut bien te résoudre à l’évidence : la vue d’aviateur de tes dix-huit printemps s’est fait la malle depuis belle… lunette…
Et c’est la mine contrite que tu choisiras, quelques jours plus tard, un superbe coffret Forty chez cet Affreux Loup, dont la caisse enregistreuse fait Tchin-Tchin chaque fois qu’un quadra soucieux de son acuité visuelle franchit la porte de son officine.
Désormais, les bésicles new-look jalonnent ta vie au fil de tes activités et de tes loisirs. Une paire trône sur ton bureau, non loin de tes indispensables Larousse, Bescherelle, et autres Robert & Collins. Elle se retrouve souvent sur la table du salon, pour lire ce satané programme TV dont les caractères sont de plus en plus minuscules, compte tenu de la multiplication des chaînes. Et ta bougresse de frangine de pouffer à l’envi en te surnommant Gepetto, alors qu’elle frise la quarantaine !
Une autre paire campe sur ta table de nuit, quand tes prunelles lasses d’une journée de dur labeur s’escriment à déchiffrer ce palpitant polar imprimé par des Lilliputiens. N’oublions pas la paire fumée pour les baguenaudes estivales… Et enfin l’escamotable pliante, que tu glisses discrètement dans son petit étui, lui-même enfoui dans une poche secrète de ton sac à dos… Tu la chausses en cas de coup dur, à moins qu’un post-pubère compagnon de trajet (qui un Sixte, qui une Mélie) ne fasse acte de charité en décryptant pour toi le nom microscopique de quelque station sur ce maudit plan d’un ridicule achevé.
Avec l’âge, on ne lésine pas sur les artifices pour garder bon pied, bon œil…
;-)
14/02/2004I kinda do and I kinda don’tBon, j’fais quoi, moi ? Dead Zone et TV dinner ou bien je me propulse dans la froidure ? Ouais, mais si Sigmund Fred me prend en croop sur son scoot, j’aurai l’air de quoi, avec un casque sur la gueule ?…
Pas flatteur comme couvre-chef : on a testé cet aprèm… J’me suis vu dans le miroir de la salle de bains. Un vrai Muppet Show ! J’avais l’impression d’être une grosse mouche hydrocéphale ; manquait plus que les mandibules dans le prolongement de la visière. Pis, bonjour les coups d’reins… c’est pas tape-cul c’t’affaire ? Naaan, t’as beau dire, c’est plus d’mon âge, ce genre de conneries…
Sans compter qu’on va s’faire chier à trouver un resto dépourvu de la mièvrerie de la Saint-Valentin. Pfft ! Je frémis d’avance à l’idée de devoir supporter cette guimauve commerciale… C’est pas qu’j’ai pas envie de sortir, mais bon… J’vais appeler SF, on avisera…
TEA & SYMPATHY J’arborais, ce jour-là, une jupe orange d’une audace folle pour la saison. Il faut bien avouer que nous entamions à peine le mois de février. D’ailleurs, sur le perron de ma demeure de Bloomsbury, je réprimai un léger frisson sous mon paletot de drap de laine noire qu’eût pu aisément réchauffer mon châle en cachemire acquis aux dernières soldes d’hiver de Harrod’s.
Qu’à cela ne tienne, je sacrifiai une fois encore au diktat de la mode amazone que ma grande amie, lady Brunella, et moi-même avions lancée. Nous étions les premières garçonnes à sortir sans chapeau et à fumer ostensiblement nos havanes en battant le pavé londonien. Et pour choquer la bourgeoisie étriquée de l’époque, nous émaillions souvent notre discours de jurons qui eussent fait blêmir le plus ordurier des dockers résidant dans l’East End. Si j’ai bonne souvenance, cette chère Brunella se trouvait alors en croisière au large des îles Moustique, à bord de son yacht Aquitania.
Bref, je dois avouer, en toute modestie, que ma tenue m’allait à ravir. J’en veux pour preuve les regards concupiscents que je croisai alors dans le Tube. Sans parler des remarques de lady Crumpet, toujours chargées de ce double entendre, qui n’appartient qu’à elle et que nous aimons tant… lorsqu’il ne nous est pas adressé. Je la retrouvai donc avec sa compagne lady Muffin, en quittant la District Line à Sloane Square, puisque nous avions rendez-vous toutes les trois pour le thé à Chelsea.
— Good gracious me ! Vous êtes d’une hardiesse échevelée, darling, me lança-t-elle d’emblée. Cette jupe galbe ce qu’il y a galber, si j’ose dire…
— Vous me flattez, Crumpet Dearest, répliquai-je aussitôt en adressant un sourire confus à lady Muffin, dont le regard sage et profond m’a toujours fort impressionnée.
« Fallait-il donc qu’elle ne fût pas rassasiée des rondeurs voluptueuses de sa Muffin pour qu’elle lorgnât celles d’autrui… » songeai-je, pantoise.
Je sentais poindre la citation latine qui eût tôt fait de clore le débat, mais lady Muffin, circonspecte, décida de nous priver de ses lettres acquises à Oxford.
Nous entrâmes donc chez Tea & Sympathy et nous installâmes à une table proche du bow-window, ceci afin de pouvoir ricaner à l’envi sur nos contemporains qui passaient dans la rue.
Je réglai sans préambule le différend qui opposait lady Muffin à lady Brunella au sujet de l’arrogance de la jeunesse, tandis que lady Crumpet, incorrigible, sortait discrètement sa flasque de whisky pour en verser quelques gouttes dans son Earl Grey.
— Vous savez comme moi qu’elle a le sang chaud, Muffy. Certes, elle s’emporte pour un rien, mais c’est là tout son charme.
— À son âge, elle joue encore la jument fougueuse qui se cabre à la moindre irritation, et l’instant d’après, la voilà qui caracole de saillies en invectives, au risque de se contredire en toute mauvaise foi.
— Ce n’est pas un hasard, Muffin Dearest, si son attitude débridée lui vaut le surnom de lady Hysteria. L’âge n’a rien à y voir et je vous rappelle que le sien est fort proche du mien… précisai-je dans une moue contrite.
Souhaitant éviter ce sujet épineux, lady Crumpet, qui ne cache pas son penchant pour ses aînées (son commentaire à la sortie du métropolitain atteste que j’en fis les frais ce jour-là, à mon corps défendant), s’extasia alors sur ses pâtisseries :
— Good Lord ! Je me damnerais pour ces scones ! Et leurs cucumber sandwiches sont positivement divins.
— Ils ont l’air savoureux, mais je m’en tiendrai à ma ginger and rhubarb tart. J’ai déjà la croupe positivement généreuse, darling.
— Et une moustache de chantilly des plus seyantes, gourmande ! me rétorqua-t-elle, hilare, en me tendant une serviette.
J’essuyai donc, faussement amusée, l’écume blanche sur mes lèvres et tachai de rouge le métis immaculé. « Fucking hell ! » lâchai-je in petto. « Un raccord s’imposerait au Ladies Room, avant de ressortir. Au besoin, j’emprunterai le lipstick de cette jeune dinde, qui ne rate jamais une occasion de se gausser à mes dépens, la bougresse ! »
— Qu’en est-il de vos projets de vie commune ? m’enquis-je entre deux gorgées de Darjeeling.
— Lady Collock tarde à faire ses malles… grimaça lady Crumpet.
— Alors que j’ai donné mon préavis, renchérit lady Muffin, la mine consternée, en grignotant son apple-pie. Et que l’annonce officielle de mon installation chez Crumpet est parue depuis des mois dans la Gayvoxian Gazette … En toute honnêteté, Poppet Dearest, de quoi avons-nous l’air ?
— C’est fâcheux, je le conçois, mais vous ne pouvez guère la jeter à la rue… Euh… vous avez une grosse lichette de custard cream, qui bave à la commissure gauche, darling… hasardai-je, revancharde, en tendant à mon tour une serviette.
(to be continued…)
;-)
© Z@p Lady Poppet, 2003
Complainte de la Butte (gayment revisitée)
Dans la p’tite rue Armand Gauthier
Un écrivassier rêvassait
Même qu’ermite on le surnommait
Quand il négligeait l’amitié
Cette chanson il composa
Espérant qu’un bel inconnu
Un matin d’printemps l’entendra
Quelque part au coin d'une rue
La lune trop blême
Semble dire : « Je t’aime »
À ce garçon roux
La lune trop rousse
De sève éclabousse
Des draps un peu fous
La lune trop lasse
Des plaisirs fugaces
A des yeux blasés
La lune trop belle
Aux yeux caramel
S’envole en fumée
Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux
Les ailes des moulins protègent les amoureux
Sur le Sébastoche
Dès que tu t’approches
J’oublie mon chagrin
Place de la Bastoche
Ton air sympatoche
Me donne de l’entrain
Puis à Ménilmuche
Je me sens moins cruche
Et te prends la main
Et Place de la Cliche
Je me sens plus riche
D’un amour serein
Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux
Les ailes des moulins protègent les amoureux
Mais voilà qu'il flotte
La lune se trotte
Et l’amour aussi
Sous le ciel sans lune
Je pleure à la brune
Mon rêve évanoui…
(Pardon, Cora)
Je ne t'ai rien dit...(MORUES MARRANTES AU TÉL, EN CYBERDIAL,
EN DIRECT LIVE, PARTOUT !…)
— Salutuva ?
— Salutjevé…
— J’te pisse un scoop ?
— J’t’écoute…
— Tu vas êt’ sur l’cul !
— Deux s’condes, j’m’asseois.
— Machin est avec Bidule !
— Naaaaan !
— Ben si !
— J’en r’viens pas !
— Comme j’te l’dis !
— DINGUE !
— Et Truc, j’te raconte pas la tronche…
— ‘tain, ça va encore chounier dans les chaumières.
— Sans parler des forums… Après tout, l’avait qu’à s’décider plus tôt aussi, faut dire…
— Aaaah, ben c’est sûr.
— S’il était pas si difficile, l’aut’ zigue, aussi…
— Ben comme disait ma grand-mère : « N’est pas beau c’qu’est beau, est beau c’qui plaît » !
— Comme de juste !
— Ben ouais.
— M’enfin, je ne t’ai rien dit, bien sûr.
— Bien sûr ! Tu m’connais… Chuis une tombe.
— Au fait, y te r’lance, Chose ?
— Oh, ben quand ça l’toque, tu sais comment il est…
— À croire qu’il a rien d’aut’ à foutre.
— À croire…
— Ben, c’est comme Trucmuche, l’aut’ jour en forum…
— Qui ça ?
— Ben, Trucmuche, voyons !
— Ah, excuz’, j’confonds avec Machin-Chose. Ça y est, je vois…
— T’as vu un peu la provok ?
— Ben ouais, j’ai failli t’envoyer un message perso, mais j’avais Untel au tél.
— Ah bon ? Keski d’vient ?
— Oh, ben y chouinait un peu, comme d’hab’.
— J’imagine…
— D’ailleurs, y m’en a dit d’belles sur Bidule-Truc.
— Ah bon ?
— Paraît qu’il a couché avec et que l’aut’ est limite pervers… Enfin, un peu tordu, quoi…
— Ouais, j’vois l’genre.
— Quand on pense à ses grandes théories romantic-toc.
— Tais-toi, ça m’fout la gerbe !
— Et encore, t’as pas eu les détails…
— Ben, j’aime autant pas…
— M’enfin, je ne t’ai rien dit.
— Naaaan, motus bien sûr.
— Ça en fait des pauvresses, j’te l’dis, moi.
— Ooooooooh oui ! Toi, aussi, t’as besoin d’jouer les infirmières ?
— Oh, ben tu m’connais : bon comme le pain.
— Ouais, mais trop bon, trop con. Après, y en a qu’abusent.
— On se r’fait pas, tu sais.
— Viens pas t’plaindre après, aussi.
— Mais nooooooon. Pis, ça coûte rien, faut dire, et ça occupe.
— C’est sûr… Mais qu’y viennent pas la ramener avec leur soi-disant « maturité affective »
— Y z’ont pas intérêt. Quand tu les écoutes, c’est du grand guignol !
— Ben, t’as vu comme j’ai mouché Machin-Truc, l’aut’ coup ?
— Oh, ben faut pas chier dans la colle, non plus !
— Ben ouais, merde !
— Surtout qu’il est avec Truc-Bidule maint’nant !
— Sans déc’ ?
— Puisque je te l’dis. Tu savais pas ?
— Ben non ! Depuis qu’ils se tournaient autour, remarque…
— Ben écoute, s’ils sont heureux, ma foi !
— Exact. En v’là d’jà deux d’casés. Ça f’ra baisser l’taux d’chouniaiseries.
— M’enfin, c’est pas officiel. Je ne t’ai rien dit, bien sûr.
— Bien sûr, tu penses !
— ‘tain, si les gens parlaient moins, faux dire.
— Ben ouais, en plus, quand y savent pas, ben y z’inventent.
— Y s’font chier leur race, kestu veux…
— Ben ouais.
— Bon, ben j’te laisse, faut qu’j’rappelle Chose-Truc. J’crois qu’y voulait parler d’Bidule-Machin qu’il a croisé chez Truc-Chose…
— Pas clair non plus, çui-ci…
— Tais-toi, j’vais en avoir pour la soirée.
— Prépare le thermos de kawa !
— J’viens d’en r’faire ! J’te raconterais !
— J’espère bien…
— Sinon pour le reste, je ne t’ai rien dit.
— Bien sûr, moi non plus, je ne t’ai rien dit.
— Bien sûr. J’t’en claque une !
— J’t’en claque une !
— Ciao !
— À plus !
© Z@p Early-Pipelette, 2003
Me & Mr. BlondMe and Mr. Blond
We’d spend the night chatting on
Some could think that it’s wrong, that it’s much too strong
To let it go now
With his young couplée sipping their Earl Grey, so funny
I know, I know she’ll be there
Having fun, making all kinds of plans
While the hi-fi plays some klezmer song
Me and Mr.
Mr. Blond, Mr. Blond, Mr. Blond, Mr. Blond
No doubt he could be my son
Of it he knows I’d be proud, like his Yiddish mom
To let it know now
No need to be extra careful
For us to build our trust up too high
‘Cause he’s got his own inclinations
And so, and so, do I
Me and Mr.
Mr. Blond, Mr. Blond, Mr. Blond, Mr. Blond
With the Red-haired girl dancing on
At the Tango all night long, between old and young
We let it show now
Well it’s time for us to be leaving
It doesn’t hurt, it doesn’t hurt inside
Now they’ll go their way and I’ll go mine
Next time we’ll meet at the same place and it’ll be fine
Me and Mr.
Mr. Blond, Mr. Blond, Mr. Blond, Mr. Blond
There’s nothing Freudian
No need to be extra careful
We can afford to build our trust up too high
Your young couplée is fond of you
And so am I, you’re a great guy and that girl’s fine
And we gonna have fun like we used to
And they can talk it over, talk it over
We know, they know, and you know and I know nothing’s wrong
Yet friendship’s strong
We gotta let ‘em know now
That there’s nothing goin’ wrong, nothing goin’ wrong…
;-)
(Adapted from “Me and Mrs. Jones”, © 1972 by Blackwood Music, Inc., Marvin Gaye, Billy Paul)
A Real Bliss...Les pizzicati d’un orchestre invisible ponctuent d’emblée une valse lente, puis l’archet du soliste amorce la mélodie en caressant les cordes avec une infinie tendresse. Fermons les yeux et laissons-nous envelopper par la musique…
Je vous invite à un voyage de pur bonheur qui durera trois minutes…
Il est debout au centre d’une pièce vide et blanche, et joue pour nous, flottant alentour, comme autant d’ombres qui ne peuvent l’approcher mais se laissent bercer par son obsédante complainte.
Quelques gouttes de transpiration perlent sur l’ardeur fébrile de son front. Paupières closes, il se concentre sur sa musique, et sa tête, désormais libérée du mal qui la rongeait, oscille à peine au rythme doux de la mélodie limpide et langoureuse.
Il gardera à jamais la beauté mélancolique de sa jeune trentaine et nous le retrouverons un jour mais, cette nuit, il est présent parmi nous à travers ce morceau d’Umebayashi Shigeru qu’il aurait pu jouer, j’imagine, avec la grâce que je lui prêtais, moi qui ne l’ai connu qu’à travers ses subtils écrits à quatre mains…
Tandis que Valentins et Valentines d’un soir singent l’amour autour d’un bouquet prêt-à-offrir pour tromper ennui et solitude, que l’arrogant et stupide gendarme d’Outre-Atlantique fait planer la menace de la guerre, d’authentiques amants et amis souhaitent vivre en paix et se dire qu’ils s’aiment, en se rassemblant autour du violoniste qui laissera en chacun d’eux une trace indélébile…
© Z@p, 2003
Dedicated to H(im)…
Umebayashi Shigeru, "Yumeji's Theme"
Bande originale du film "In The Mood For Love" (2002)
La crise /2Salt and Pépère
Comme dirait un Marseillais de ta connaissance (qui, sauf erreur, doit fêter 54 printemps aujourd’hui) : « Peuchère ! Je m’en bats les dounes… »
Force est de constater que son crâne lisse et lustré lui sied à merveille, sans parler de sa peau de bébé, subtilement hâlée 365 jours par an, à faire pâlir d’envie une blondasse tenancière de Point Soleil, dont la carnation fripée évoque quelque bâtard à la croûte calcinée.
Mais c’est bel et bien ton crâne et sa garniture que tu contemples effaré dans le miroir. Nul doute qu’il fait toujours la nique au Mont Chauve mais se couvre depuis belle lune de neiges éternelles, si bien que tu es passé grosso merdo en une décennie, et sans t’en rendre compte, du statut de « tempes argentées » à « poivre et sel »… et désormais à « plus sel que poivre ».
Serais-tu mûr (que ce mot est laid… pourquoi pas « blet » aussi !) pour les rinçages post-shampoo qui donnent de l’éclat aux tiffs les plus jaunâtres, afin d’obtenir la tignasse rutilante de blancheur d’un acteur ricain sur le retour, tel le patriarche de Dallas ou le chef de Mission Impossible ?
Certes, tu naquis auburn, puis devins à la longue châtain foncé… Ta période néo-babos et l’emploi du henné (qui souilla maintes serviettes en éponge, sous l’œil maternel réprobateur) offrit des reflets cuivrés à ton épaisse crinière bouclée, laquelle fit le bonheur des coiffeurs… et, à présent que tu as perdu ta couleur, tu ne sais plus vraiment à quoi tu ressemblais… avant… et tu songes bizarrement à ce groupe pop-rap de filles black des late 80’s ou early 90’s qui chantait : « Let’s talk about sex, baby… Let’s talk about you and me… »
« Ne s’appelaient-elles pas Salt-N-Pepa, les greluches ? » te souffle, goguenard, un Bordelais de ta connaissance, qui te nargue à l’envi, sous la toison drue et noire de jais qu’il arbore avec une fierté non dissimulée, le bougre !
Avec l’âge, on cultive la mémoire sélective…
;-)
La crise /1Avant-dîner
Comme disait ton meilleur ami de fac, emporté par la s(id)aloperie (paix à son âme…): « C’est comme les couilles et les bonnes sœurs, ça marche par deux… »
Il frise les 20 h et tu en croises deux, justement, en rentrant chez toi. Deux gentils clones vêtus à l’identique, même stature, même gabarit : petit blouson en skaï ou cuir, petit chandail zippé de partout (imposé par le fashion diktat du moment), petit jean vaguement 70’s revival vintage, petits cheveux courts sur le crâne, (pour une fois que le caillou n’est pas lisse et rasé) ; ton sourire ironique s’efface dans la grisaille du soir et t’as même pas envie de lorgner les baskets qui doivent être à l’avenant.
Ils sont peut-être coiffeurs, serveurs, étudiants… qu’importe… gémellité flagrante et narcissisme rassurant, que tu juges d’une banalité affligeante.
Ils ondulent à petits pas pressés, en serrant leurs petites fesses et leurs cuisses de grenouille qui, en d’autres circonstances, doivent pourtant s’écarter avec une aisance que jalouserait une parturiente en salle de travail. Regards furtifs et murmures complices, ils chuchotent et susurrent dans la froidure… Ne manque que le portable vissé à l’oreille et le juvénile cliché postmoderne serait parfait.
L’un d’eux tient un superbe bouquet rond à la main, unique tache de couleurs dans ce duo de camaïeux noir et anthracite qui glisse sur le trottoir. Leur meilleure amie les a sans doute invités à dîner, à moins que la chère môman d’un des deux ne leur ait mitonné un succulent repas de pré-pacs, dans l’espoir d’amadouer le paternel retors.
À eux deux, ils doivent comptabiliser à peine cinquante ans… l’âge que tu auras dans quatre printemps. Tes semelles dérapent sur le pavé montmartrois qui brille encore de la dernière ondée. Ça t’apprendra à chausser tes Puma uniquement par temps sec. Avant de te gaufrer en beauté, n’oublie pas d’acheter ton Coke Lemon Light, sans lequel ta soirée DVD manquerait de pétillant édulcoré.
Avec l’âge, on cultive des plaisirs cathodiques simples…
;-)
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| Nilda Night
Les yeux sont à peine humides, les paupières pas encore assez lourdes pour que j’éteigne l’ordi et retrouve ma couette, là-bas… au bout du couloir.
Bizarre qu’on ait discuté en forum de baroque, des voix angéliques des haute-contre et que j’y aie associé des chansons, des images, des souvenirs… au point d’aller télécharger plein de titres comme un malade… et de vous les envoyer par mail…
Pardon à celles et ceux qui n’apprécieraient pas… faut que je partage, c’est plus fort que moi, mon côté latin, sans doute, trop convivial, trop chaleureux, trop étouffant… ne me demandez pas d’être cyberformaté, je ne le serai pas, je ne le serai plus… definitely… humain, j’espère, sentimental, sûrement… et si d’aucuns me trouvent mièvre, je les renvoie à leurs amours de pacotille, à leurs étreintes à deux sous, à leur « Je t’aime » de quatorze juillet, comme chantait la Môme Piaf…
Les yeux sont à peine humides… I’m back in Toulouse, douze ans plus tôt… Les larmes ne coulent pas… J’ai dû grandir depuis… La voix troublante de Nilda m’enveloppe, me berce…
"Juste une ivresse
Pour que l’on cesse de boire
Une cicatrice
Pour que l’on puisse y voir…"
La nuit est douce et nostalgique… C’est l’histoire d’un trentenaire qui découvre des caresses viriles qu’il avait dû refouler jusque là…
"Juste une audace
Pour qu’on s’embrasse un peu
Une friandise
Pour qu’on attise le feu…"
Un trentenaire paumé qui sanglote au téléphone avec sa sœur fraîchement parisienne et vivant une si belle histoire avec une femme…
"Quand on se dit peut-être
Ce que l’on voudrait être
Juste au-dessus des règles…"
Ce même trentenaire qui enfouira plus tard sa tête dans un oreiller pour retrouver une odeur de chlore de piscine… et qui se passe en boucle Je veux être un homme heureux de William Sheller et qui, plus tard encore, ira en pleine nuit au CHU retrouver ce maître-nageur qui voulait en finir, parce qu’il faisait trop de mal autour de lui…
C’est l’histoire d’une histoire sans fin, ni avec toi, ni sans toi… où le prétendu fort s’imprègne des fêlures du prétendu faible pour se perdre dans le sordide d’une relation aliénante…
"Et quand la mort sera plus belle
Que n'aura été ma vie
Me resteras-tu fidèle
Viendras-tu avec moi ?"
C’est l’histoire d’un trentenaire qui noircit des pages pour dire « Je t’aime » à un mec qui le quitte pour mieux le retrouver, revient pour mieux s’en aller… ni avec toi, ni sans toi…
C’est l’histoire d’un trentenaire qui partira un beau jour à la capitale et se construira peu à peu sa nouvelle vie d’homme qui aime les hommes, en trébuchant… pour mieux se relever… grâce aux femmes, qu’il aime comme ses sœurs, ses complices qu’il a toujours aimées…
"Relevez-moi femmes sauvages
Ouvrez-moi vite cette cage
Relevez moi femmes sauvages
J'aimerais sortir de la page…"
"Relevez-moi femmes trop femmes
Je compte sur vous pour mon programme
Relevez-moi femmes trop femmes
Je suis sur le fil d'une lame…"
Les larmes coulent enfin… libératrices, je vais pouvoir aller dormir… je vous embrasse. Merci d’exister.
;-)
A HEARTFELT LINE OR TWO
(Original Words and Music by Joan Baez, special version by Z@p Early-Poppet)
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the techno kid with a soft husky voice
Whom I call my spiritual son
He worships that singer from Iceland
Though he loves dancing the madison
His deep brown eyes would match his smiles
When he calls me dad at times
Yet he told me once I was cool enough
To his mind my old age was a laugh
To the sweet lonely guy I got on the phone
Who knew what pathos was
Who cheered me up when I was down
And helped me to find the cause
Of why my ego had the blues
And seemed on the verge of tears
I wish you all such a real friend around
For now and countless years
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the tough bitchy guy with mature charms
And Latino as can be
Who welcomed us with opened arms
For our holidays by the sea
We would laugh around in fashion-queen sand
Like a crazy alien band
Believe me this guy is a gentleman
With bottles of wine and flowers in hand
And to the funny girl I loved from the start
As we chatted so cheerfully
We winked at each other when I turned back
As we marched with “le Gay Paris”
We wined and dined and danced all night
In a sweet complicity
And when she left as a true lady
She kissed my hands so blissfully
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the helpless guy who dropped me some lines
As confusing as can be
And then turned his gaze to a much younger one
Who matched him a lot better than me
I can’t blame him for turning me on
As he would clumsily say
"You’ve always moved me in a special way
I didn’t wanna hurt you, hope to see you some day"
To this musician I wish I had known
Who wrote so skilfully
He passed away when he was still young
One night in last January
I hope he’s fine in dreamland now
With his violin and bow
This guy is an angel and my sympathy
Goes to his partner and his memory
And to the gays and lesbians I call friends
Who sort of form my family
We share the same life with ups and downs
In its strange complexities
They have the patience of the saints
When I’ve been down for a spell
I wish it were a whole lot easier
To find the words to wish them well
And though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
And if they come out good enough
I owe every word to YOU…
© 1977, 1978 Gabriel Earl Music (ASCAP) TO THE GUY I’LL NEVER SLEEP WITH…
Most of the time, you’re (much) younger than me.
Most of the time you just fancy some vague older guy who’s meant to bring you some security, stability, steadiness… whatsoever. That’s bullshit. I’m not that stable and I sometimes feel like some retarded teenager who’s just making jokes for jokes’ sake.
Most of the time I can feel you just fancy some dad or big bro image you’ve never had at home, some male icon missing in your life as you were becoming an adult. Needless to say I’m no hard-boiled Freudian yet nobody can deny these situations do happen more often than not.
Most of the time you’ve been disappointed with guys your own age. You’re just fed up with cheap easy sex and feel frustrated, dissatisfied, and wanna feel secure in some older protecting arms.
Needless to say you often are a bottom and fancy some great middle-aged dominant top, and supposedly very manly at that. Bullshit. I’m neither top nor bottom, and I don’t give a damn about those stupid gay sex types. Needless to say these macho or bitch attitudes are just borrowed from male-female relationships and they really stink, I guess.
Most of the time I feel flattered and I guess you could easily turn me on. I mean it’s OK, you’re gorgeous, fun and everything, and it seems I just have to pick and choose. OK, let’s have some drinks, do chat me up and let’s go to bed, baby.
And here we go again for a one-night stand, a one-week stand, a one-month stand until it breaks up…? You’ll be fed up before long and I will too.
Most of the time you’re not Mr. Right. OK, you could be Mr. Right-Now but that’s not my scene.
Most of the time when I look at you I can picture the kid that would be mine should have I lived a “normal” straight life, and it just feels fun and weird at the same time.
Most of the time when I look at you I can picture myself when I was younger and it feels weird, coz I hadn’t that cool attitude of yours and you gotta remember gays weren’t that “fashionable” in the mid-seventies.
I mean the Net didn’t exist then, with all those easy gay chats and sites, and I was living in the Provinces and I just hadn’t come out yet. I guess I just thought it would be easier for me to live a “normal” life with some cool girl I would’ve met at the University. But life proved otherwise and I slept with my first guy in my early thirties, remember?
So how can you expect me not to put things into perspective as far as my so-called “gay life” is concerned?
Sometimes you may be some carefree, happy-go-lucky guy and I definitely don’t deny we may have fun together, especially if you’re not that younger… say early or mid-thirty. And you perfectly know I can fancy you coz you’re full of energy and both our senses of humour often match. And I guess we just love teasing each other even though that game may be dangerous for both of us… well, especially for the older one who may be at a loss for words when things have gone too far…
Sometimes you just suffer from that so-called Peter Pan syndrome that affects thirtyish people, yet believe me… I’ll be fed up with playing Captain Hook before long.
Sometimes when you feel down, you just wanna have that so-called “strong” shoulder to cry upon. It’s OK for sharing some intimacy then, but whose shoulder I’m supposed to rest upon when it’s my turn to feel down? And who’s going to take off when discovering that kinda colossus I’m meant to be has got feet made of clay?
Most of the time I’ve seen guys my age (among my closest friends) being tricked, deceived, disillusioned and eventually let down by thirtyish guys and I definitely don’t wanna experience that pathos.
Aren’t there some exceptions to the rule? May be… maybe not. After all, we’re supposed to be responsible and agreeing grown-ups… provided both of us are adult enough, actually.
I guess it’s OK for both of us to be buddies, even good close friends, sharing a kinda dad-son or big bro-kid bro relationship with fun and mutual support yet excluding sex.
And please, gimme a break, do stop fancy my salt and pepper hair.
Maturity is no universal cure against your own loneliness and your own troubles to live with yourself, actually.
© Z@p Lonely-Poppet, 2003
(Dedicated to B.)
Les Bibiches
(Billet d’humeur)
Partant du principe que, dans la vie, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, le crémier et la crémière en alternance, et si possible sans interférence, tout en offrant à la société majoritairement hétérote une gueule de gendre idéal bien-pensant et bien-baisant plus vrai que nature, j’ai décidé de pousser un coup de gueule, qui va en faire grincer certains z’é certaines, diguedondon, diguedondaine…
Puisque, jusqu’à preuve du contraire, je suis XY et me considère momosessuel depuis une bonne décennie (« C’est mon choix ! » comme dirait Evelyne Thomas) je m’attarderai donc sur ceux que je connais le mieux et qui commencent à me courir sérieusement sur le haricot, à savoir les bibiches mâles ou bibichons (à ne pas confondre avec bidochons… quoique… ou bifidus actifs… voire passifs, mais je m’égare… ) ou encore bibichieurs ; je laisse le soin à une homologue (sans jeu de mots) femelle de gloser sur les bibichettes ou bibichieuses.
Sachant que la momosessualité mâle se fonde en gros sur trois ou quatre grands concepts : honte, frustration, mensonge, et hypocrisie (la dernière ferme la porte), on ne s’étonnera guère que sévisse sur les cyber-réseaux (qui, normalement, nous sont réservés, à nous autres, les momos) la quintessence du faux-cul : le bibichon post-moderne.
À l’heure du PACS, du mariage momo dans certains pays d’Europe, de la dépénalisation de l’acte momosessuel, de l’éradication du susnommé sur la liste des pathologies répertoriées par l’OMS, et alors même que notre belle capitale se voit dirigée par un momo de bon aloi et sans étendard revanchard, eh bien il semble qu’il soit de bon ton et fort branchouille de s’afficher bibiche, tout en passant le plus clair de son temps à draguer les momos qui, eux, n’ont rien demandé, si ce n’est de pouvoir s’aimer en paix et au grand jour, sans faire chier le peuple.
Souvent urbain, célibataire dans sa période post-pubère (mais, plus tard, comme par hasard, cadre marié ou à la colle, histoire de sauver les apparences), le bibichon affiche une liberté à tout crin, une prétendue absence totale de tabous… Tiens donc ! Alors, pourquoi t’enlèves ton alliance, quand tu vas te faire troncher au Dépôt, Ducon-La joie ? Pourquoi tu t’es marié, puisque tu es si libéré que ça, Jojo Lariflette ? N’est-ce pas là le premier de tes tabous ?… Ben oui, tu comprends, au bout d’un certain âge, si on vit seul… à moins d’être veuf ou divorcé, ça fait tache… Ouais, c’est toi la tache, à mon avis… Et si t’es si bien que ça avec lui, pourquoi tu divorces pas, l’ami ? Puisque, quand tu tombes le masque, au bout de trois ou quatre bières, tu avoues que tu ne LA touches plus depuis belle lurette… hein ? Ah, non, ne me dis pas que tu l’aimes encore, c’est grotesque… Non, mais de qui tu te moques, franchement ? Et moi, chuis quoi dans ce merdier ? Un cinq à sept, un coup vite fait su’l’gaz ? Et qui c’est qui fait l’con les week-ends à attendre ton coup d’fil ? Qui c’est qui peut jamais t’appeler ?
Bref, on nage en plein vaudeville écrit par un auteur de seconde zone… Retour au XIXe siècle, alors qu’on attaque le XXIe… Pathétique à pleurer…
Tout ça procède d’un égocentrisme à faire peur. Le bibichon a son toutou momo sous la main, quand la testostérone le démange et qu’il a besoin de prendre l’air, lorsque sa bourgeoise le gonfle trop. Il respecte qui ? Personne. Même pas lui-même. Son maître mot, que j’exècre entre tous, et qui rime avec « planqué », c’est : « discret ».
Ben oui, tu comprends, c’est pas propre, tout ça ; faut se cacher, pis faut surtout pas s’attacher, des fois qu’on y prendrait goût… Non, les momos, c’est juste pour le cul, la vidange burnesque, la gaudriole, … Pour le solide, le compte-épargne, le pavillon de banlieue, la respectabilité… y’a bobonne et les gosses, qui paieront ma retraite. Et quand cette façade honorable s’écroule, qui c’est qui ramasse les morceaux, hein ? Le momo de service… Ben voyons, tu veux pas aussi que je te garde les gosses, pendant la séance de conciliation chez l’avocat… ?
Oh bien sûr, d’aucuns vous diront qu’ils compartimentent tout à merveille, qu’ils contrôlent bien la situation, qu’ils vous ont prévenus dès le départ… Ah bon ? Et depuis quand on maîtrise l’irrationnel, c’est-à-dire les sentiments ? Et qui n’a jamais débuté une histoire dite « de cul » qui se transforme en vraie histoire, dite… (oh je sais bien… ça fait presque vulgaire, ce mot, tant pis… je l’écris…) « d’amour »… ?
Eh oui, le bibichon n’assume pas vraiment de basculer dans la momosensualité à cent pour cent… ? Oui, mais là, c’est plus votre problème, à vous autres momos, qui avez réglé cette affaire depuis belle lune. Vous allez pas, en plus, jouer les psys, quand même ?
Bref, toute cette diarrhée verbale pour vous dire que y’en a ras la casquette d’être sollicités par les bibiches qui ne sont rien d’autres que des refoulés, des honteuses, qui n’ont aucun respect pour quiconque, qui se croient encore aux XIXe siècle (où triomphait la bourgeoisie faux-derche), qui nous prennent pour des sous-merdes, qui veulent tout et ne donnent rien en retour… et qui n’hésitent pas à rouler des mécaniques au bras de l’officielle, à casser de la pédale en paroles, voire en action… des fois que y’aurait des doutes dans leur entourage… Moi ? Ça va pas, mon pote ! Non, j’ai toujours aimé le foot et le rugby, tu sais bien… Sacrée ambiance dans les vestiaires… Et même si l’œil s’attarde un peu trop sur ce qu’il a honte de regarder… ma foi, on pète en chœur sous la douche, et la virilité est sauve…
Honte, frustration, mensonge, hypocrisie… On en crève, je vous dis… Et ça n’évolue guère… On est encore dans les années 50. Et maintenant, y’a l’alibi « bi » de la libido pour mieux brouiller les cartes… et se planquer… et foutre en l’air des années de lutte pour la reconnaissance de notre dignité.
© Z@p Early-Poppet, 2001
Messieurs, vous me saoulez…
Messieurs, vous me saoulez, que dis-je ! Vous me navrez
Avec vos discours nuls qui ne valent pas tripette
Vos sentiments bidons, vos pleurs, vos simagrées
Larmes de crocodile pour cœur de midinette
Votre drague à deux balles, vos romans à deux sous
Vos passions frelatées, vos amours qui bandent mou
Vous ne faites que gémir sur votre triste sort
Sur celui qui vous quitte et l’absence de son corps
Et vous n’avez de cesse de chercher l’âme sœur
Quand, dans votre attitude, vous n’êtes que des baiseurs
Vous sublimez le couple et rêvez du duo
Quand vous n’êtes pas à même de sonder votre ego
Vous confondez désir avec sentiments vrais
Comme si des draps froissés ne pouvaient se tromper
Vous mélangez plaisir et émotions sincères
Pour le premier venu qui a l’heur de vous plaire
Mais ne venez pas geindre, s’il vous ignore ensuite
Foin de glose sur le cœur, quand il s’agit de bite
Videz-vous donc les couilles, profitez de l’instant
Évitez les embrouilles et ne faites pas l’enfant
Si en l’absence d’affect, la chair vous semble triste
Usez de votre main pour les plaisirs fugaces
Dans l’art de la pignole, vous deviendrez artiste
Et vous m’épargnerez votre bêtise crasse
Ne vous méprenez pas sur le sens de mon ire
Je suis votre semblable et j’ai sans doute fait pire
Mais de grâce ! Assumez vos actes, les frangins
Soyez donc plus adultes et un peu moins crétins
Car à force d’atteler charrue avant bestiaux
On perd tout repère, on se fourvoie sans cesse
On pleurniche, on rabâche, on n’est pas rigolo
Et le peuple en a marre de nos histoires de fesses
©Z@p Early-Poppet, 2002
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